“When you see a double top, sell the double top !”?

Au-delà de ce dicton énoncé par certains traders, le retour à son sommet historique de l’indice mondial des actions (le MSCI World) est l’occasion de s’interroger sur les perspectives d’évolution de ces marchés.

Graphique de l’indice actions MSCI World depuis 20 ans, de 1994 à 2014

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Ce graphique de l’indice mondial des actions laisse dubitatif : il montre l’ampleur des excès des fluctuations boursières : des tendances haussières longues (environ cinq ans et +130%) alternent avec des tendances baissières (2 à 3 ans et -50%).

La conjoncture actuelle sur les marchés financiers est originale en raison des politiques monétaires extra ordinaires actuelles : taux directeurs à zéro, gonflement massif des bilans des banques centrales (« quantitative easing » : achats d’obligations; « LTRO » : refinancement long des banques). Cette situation de liquidités abondantes rémunérées à 0% sur le court terme, amène les investisseurs, à la recherche de rendement à tout prix, à acheter des obligations plus longues et de rating de plus en plus bas, et des actions dont le rendement des dividendes, bien que faible lui aussi, semble attractif en l’absence d’alternative.

Malgré la forte hausse des dernières années, la valorisation des actions, avec les critères classiques : P/E (price/earning), P/B (price / book), et comparatif actions / obligations, ne montre pas d’excès sur les grands indices.

Prenons l’exemple des ratios boursiers de la France (dont la situation intérieure est loin d’être brillante avec une croissance économique proche de 0%, mais dont les grandes entreprises sont bien internationales) : ces ratios sont proches de leurs moyennes des vingt dernières années. A priori donc le marché est « à son prix » mais, comme on le voit aussi sur ces graphiques, ces ratios peuvent fluctuer énormément autour de leur moyenne : +/- 30%, ce qui n’aide pas beaucoup !

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Autre indicateur intéressant : la volatilité. Il s’agit ici de la volatilité implicite, c’est-à-dire de la volatilité qui correspond aux prix des options traitées sur les actions. C’est le premier des indicateurs d’aversion au risque. Généralement quand cette aversion au risque est très haute (paroxysme de l’inquiétude des investisseurs qui bradent les actions) on assiste ensuite à un rebond des marchés, et quand elle est très basse (confiance presque aveugle des investisseurs dans l’évolution des marchés dans lesquels ils sont massivement investis) on assiste à des périodes moins favorables sur les marchés actions.

Graphique du VIX (volatilité implicite des options sur les actions américaines) sur vingt ans :

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Conclusion :

Il nous semble que le soutien des politiques monétaires aux marchés risqués est proche de son maximum, et en tout cas bien connu et donc pris en compte dans les valorisations, que la conjoncture économique mondiale manque de solidité, que le poids des endettements est loin d’être résolu, et que les marchés d’actions pourraient bien entrer dans une phase de consolidation.

 

logo amc1Dans le cadre d’une saine gestion de patrimoine il est avant tout primordial de n’investir sur les marchés risqués (actions, obligations longues ou à « haut rendement »,…) qu’une part de son patrimoine cohérente par rapport à ses objectifs, à son horizon d’investissement, et bien entendu à son aversion au risque.

Les krachs de la bulle internet (2001-2002) et de la crise financière (2008) sont là pour nous le rappeler...

Christian RANC   - 11 juin 2014

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