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Un jour, un roman: Peine perdue, d'Olivier Adam

Brève biographie 
Né en 1974, Olivier Adam a grandi au sein d'une famille modeste en région parisienne, avant de s'installer en Bretagne. Il se met en jeu dans la plupart de ses livres qui  abordent des thèmes sociaux et dont les personnages sont issus de la classe populaire. Il aligne les succès public et critique avec "Je vais bien, ne t'en fais pas" en 2000, "Falaises", "A l'abri de rien " (prix France Télévisions en 2007), "Des vents contraires" (Prix RTL/Lire en 2009) ou "Les lisières" (2013), grand succès de librairie. (1)

kazeco peine perdue


Dans son dernier roman, "Peine perdue", Olivier Adam abandonne la première personne et l'autofiction et réussit à revenir à la fiction de manière magistrale. Il quitte les falaises bretonnes pour faire graviter ses personnages (22 ! soit le nombre d'une équipe de football) autour d'une petite station balnéaire de la Côte d'Azur. Hors saison, ce n'est pas une Riviera de bougainvilliers ou de lauriers-roses. Mais un Var de camping et de restaurants de plage que les touristes ont désertés, laissant derrière eux une population en proie aux soucis du quotidien et qui "a la sentiment de ne pas avoir de prise sur sa vie, que c'est peine perdue".

Olivier Adam chorégraphie un roman noir, mais très attachant, et lie 21 personnages autour de celui d'Antoine, figure virile mais fragile - familière de ses romans- qui ouvre et ferme le livre.
Saisonniers, infirmiers, vendeurs de voiture, interne de l'hôpital, écrivaine, retraités ...prennent la parole au fil du livre, nous dévoilant l'envers de leur vie, leurs fractures intimes et leurs espoirs secrets.

Et tout cela alors que l'équipe de football amateur locale s'apprête à jouer à Nantes la demi-finale de la Coupe de France, ce qui suscite une grand espoir de prendre leur revanche sur la vie.

Roman choral, compact et percutant, avec une empathie inaltérée pour ses personnages, qui nous va droit au coeur et qu'il est difficile de ne pas partager, ce n'est pas un recueil de nouvelles. Même s'il emprunte beaucoup à ce genre, il s'en sépare par la description d'une communauté dans ses aspects politiques, sociaux, intimes en passant d'un personnage à l'autre (2).

Janine Guez-Elkolli

janineguez@hotmail.fr


(1) Tous ces livres ont été réédités en collections de poche
(2) Ce procédé a déjà été utilisé par l'auteur israélien Amos Oz dans son ouvrage "Scènes de la vie bourgeoise"