Un coup d’arrêt peut être à l’origine de votre succès

Le travail acharné a bonne presse. L’oisiveté un peu moins. Même le mythe romantique de l’oisiveté créatrice semble avoir pris du plomb dans l’aile à une époque où la rationalisation du travail est devenue une valeur en soi. Pourtant, l’inactivité, les congés maternités, les petits accidents de la vie, les coups durs, les périodes de chômage prolongées et les envies de grand large, ou de se divertir, peuvent être sujets à des rebonds surprenants, dont le premier surpris est toujours le bénéficiaire.

En 1931, Charles Darrow, ingénieur de son état est au chômage, notamment en raison des conséquences de la Crise de 1929. Sans travail, il prend le temps de rendre plus souvent visite à ses voisins, qui l’initient à un jeu de société datant du début du siècle : The Landlord’s Game de Lizzie Maggie. En jouant, Darrow se prend de passion pour ce jeu et décide de l’adapter aux thèmes de l’époque, aux hypothèques, aux rentes exorbitantes des privilégiés, aux faillites parfois injustes et souvent brutales qui semblent se jouer sur un coup de dé. Le Monopoly est né.

Dans un premier temps, Parker Brothers refuse d’éditer son jeu considérant que les règles en sont trop compliquées. Darrow se lance alors seul dans la fabrication et la commercialisation du Monopoly. Le succès est au rendez-vous. En 1935, Parker Brothers achètera finalement les droits du jeu à Darrow. L’ingénieur au chômage devient millionnaire.

coup d arrêt

C’est aussi l’envie de prendre du bon temps et de lâcher prise qui peut être à l’origine d’une bonne trouvaille. D’autant plus que les univers qui nous plaisent nous permettent de relâcher les tensions, de prendre du recul et de se défaire d’angoisses qui inhibent trop souvent nos capacités créatrices et intellectuelles.

Lui aussi au chômage en 2001, Nick Woodman, un jeune californien, souhaite se filmer lors d’une session de son passe-temps favori, le surf. A l’aide de sangles rigides, il fixe sur lui une caméra anti-choc. Très vite, en collaboration avec des entreprises régionales, il développe le premier prototype commercialisable de son invention, né bien plus d’un bricolage volontaire et que d’un département de recherches et développement spécialisé. Bientôt baptisée GoPro, sa caméra est résistante aux chocs, à l’eau et offre une bonne qualité de définition.

A 37 ans, Nick Woodman a écoulé près de 4 millions de produits de sa société et est à la tête d’une fortune estimée à 1,3 milliards d’euros. Là où de grands groupes et équipementiers sportifs auraient pu le devancer depuis bien longtemps, Nick Woodman a laissé parler sa passion, son intuition et sa spontanéité, pour faire ce que tout entrepreneur doit faire : répondre à un besoin. En l’occurrence et la logique se répète souvent, l’entrepreneur répond d’abord au sien. Le jeune self-made man est conscient de son ascension et déclare aujourd’hui avec sérénité « si vous aimez ce que vous faites, alors vous le faites forcément bien. »

Le congé maternité est également ressenti par certaines femmes comme un coup d’arrêt dans un parcours professionnel. Pour Anita Roddick, fondatrice de l’enseigne Body Shop, cette période fut fondamentale à la fois dans sa vie de femme, mais aussi pour sa carrière dans les affaires. C’est en effet à l'occasion d'un congé maternité qu’elle s’intéresse aux produits de beauté "bio". Au milieu des années 70, elle découvre un marché de la cosmétique vieillissant et l’inexistence d’alternatives aux produits traditionnels du secteur. C’est aussi l’époque des transgressions sociales, l’influence hippie se fait encore sentir et les premières grandes associations de protections de la nature voient le jour. The Body Shop sera une synthèse de cette époque, une enseigne 100% bio, faisant appel à l’éco-conception, interdisant l’exploitation animale dans ses process.

Les études d’experts en neurologie et neurobiologie confirment que nos angoisses sont un facteur de risque pour notre psychisme, notre physique, mais qu’elles peuvent aussi dramatiquement toucher à nos capacités cognitives. Tourner en tous sens un problème sans trouver de solutions doit être un signal d’alarme !  

Prendre du recul, voir un problème de plus loin est souvent nécessaire.

S’en détacher, lâcher prise, ne serait-ce qu’un moment, peut même être décisif.

Et si cela, ne fait pas de vous un millionnaire, rassurez-vous, cela fera déjà de vous une personne qui respire mieux et qui prend la vie du bon côté !

 

David Dayan

david@kazeco.com

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