Economie et Sport

Spartan Race

Le week-end dernier, plus de 8.500 « spartiates » se sont réunis sur deux jours au Castelet dans le Var sur le circuit Paul Ricard. Plus précisément, les célèbres courses d’obstacles « Spartan Race », sponsorisées par Reebok, avaient lieu.

La Spartan Beast de 20km et la Spartan Sprint de 5km le samedi; la Spartan Super de 13km le dimanche.

Ces courses, comme nous en parlions dans un article précédent, sont des trails sur des terrains variés, passant du chemin rocailleux de montagne au bitume, sans oublier la boue bien collante. Et pour pimenter le tout, le parcours est parsemé d’obstacles faits pour que vous vous dépassiez.

kazeco spartanrace1

Pour retranscrire au mieux l’ambiance Spartan Race, je suis allé participer à la version Beast avec des amis. L’inscription est payante et le prix augmente en fonction du nombre d’inscrits. Pour la Beast par exemple, il nous aura fallu débourser un peu plus de 105 euros par tête.

05h45, le réveil est dur pour un samedi matin. L’heure de prendre un bon petit dej’, de prendre les affaires et de se mettre en route. Récupération d’une partie de mes acolytes à 7h00 à Nice Est et c’est parti direction le Castelet. Petit hic: un email reçu de l’organisation, les orages incessants dans le Var ont retardé le départ de notre vague, initialement prévue à 10h30, d’une heure. Cela nous aura au moins laissé le temps de prendre un café mérité en route.

Arrivée sur le circuit Paul Ricard à 10h30, la pluie a cessé et le soleil tente même une percée, rien à voir avec les orages croisés en route. Le chemin est bien indiqué, le parking (payant: 5 euros) est facile d’accès, bien qu’éloigné du « village ». Passage par le bureau des inscriptions où nous retrouvons le reste de notre équipe, munis de nos certificats médicaux (obligatoires), de la lettre de décharge et de notre pièce d’identité, nous récupérons nos packs pour la course. Un dossard à épingler sur le t-shirt (avec les épingles s‘il vous plait), une puce électronique à fixer sur la chaussure, un bracelet qui certifie que nous participons à la course, un bandeau avec notre numéro pour remplacer le dossard au cas où et, en prime, une barre protéinée pour les participants à la Beast, signe que le chemin va être long et éprouvant. Les consignes à disposition pour laisser les sacs sont prises d’assaut. Nous optons pour le bandeau et nous dirigeons vers le « village », et par conséquent, la ligne de départ.

11h25 l’échauffement collectif commence, emmené par des animateurs bouillants, nous faisant répéter à tue tête que nous « sommes des Spartiates », des musiciens sont même là avec un tas d‘autres animations et stands variés un peu partout. Des murs d’escalade pour les enfants, une boutique Reebok Spartan Race, un pneu de tracteur à déplacer etc.

11h30, le départ est donné! Nous sommes la dernière vague de la Spartan Beast à partir et on compte bien aller au bout!

Nous commençons par faire le tour du circuit, pour que cela soit plus « drôle » il faut alors monter et descendre un chemin un peu escarpé. On comprend que le dénivelé sera le thème récurrent de la course. Nous arrivons dans la partie boisée du circuit avec la première d’une longue série de barbelés sous lesquels il faut ramper et des troncs d’arbres qu’il faut enjamber ou sous lesquels il faut passer. Premier point d’eau boueuse, jusqu’au genoux et dès la sortie: des palissades au dessus (puis au dessous) desquelles il faut passer. S’en suit un rondin de bois à porter et un peu de nage (ben oui tout habillé, quelle question). La suite ressemble à un marécage, l’orage n’ayant pas arrangé les choses, avec encore un peu de barbelés.

Premier ravitaillement, puis déjà le retour sur le circuit. Il faut alors porter un pneu de voiture. On longe les barrières pour arriver aux épreuves qu’il ne faut pas rater sous peine d’une pénalité de 30 burpees (un mélange de squat, pompe et saut pour faire simple). Ca passe pour la « Team Saucisson », on réussit à faire monter le poids en haut de la poulie, à grimper en haut des bottes de foin et puis c’est le retour dans l’eau. Un peu d’apnée cette fois. On s’en sort toujours bien, le rythme est intense mais il ne faut pas lâcher.

Un peu de barbelés (toujours) dans un plan d’eau, des rochers à grimper, des palissades et là: une corde. En haut de cette corde, une clochette qu’il faut toucher sinon 30 burpees. Ouf, réussite pour tous!

kazeco spartan race 2Un panneau indiquant « Sprint » à gauche et « Beast » à droite nous fait comprendre que nous allons entrer dans le dur. Et on ne croyait pas si bien dire, on allait s’éloigner du circuit, et pas qu’un peu! Les dénivelés font leur réapparition et les épreuves intenses avec. Deuxième ravitaillement. L’histoire se répète. Porter des sacs de sable, tirer une chaîne avec à son bout du plomb (!), déplacer des pneus de tracteur, tirer des pneus de tracteurs avec une corde, porter encore un sac de sable, passer au dessus de palissades… L’intensité ne baisse pas, c’est le moins que l’on puisse dire.

Arrive un panneau sur lequel il y a 100 inscriptions différentes. Le but? Il faut prendre nos deux derniers numéros de dossard et retenir l’inscription correspondante. Pour moi le 71 et l’inscription « CHARLIE 521 5409 ». Silence de mort et concentration pour bien la mémoriser. Un peu plus loin, la vision d’une nouvelle corde nous amène à l’éviter directement, tant elle est pleine de boue et glissante: 30 burpees pour nous.

Le troisième ravitaillement se fait désirer mais arrive à point nommé. A peine repartis qu’il faut porter un seau de graviers. Même procédé: de la descente et l’inévitable remontée pour reposer le seau. La boucle est bouclée. Le soleil est là et il cogne fort. Les organismes commencent à être sérieusement usés mais nous tenons. On ne voit plus la fin du parcours, le circuit Paul Ricard semble être à des années lumières. On se surprend même à commencer à ralentir dans les montées et à marcher. Soudain une petite file d’attente se profile à l’horizon, le drame: il faut réciter l’inscription retenue précédemment. Nous sommes trois de l’équipe, le dernier se trompe et, trop fatigué pour faire les 30 burpees, nous nous les répartissons pour repartir au plus vite. L’esprit d’équipe.

Il est où ce quatrième ravitaillement? On a chaud et soif! Voilà ce que je me répétais sans cesse. Il sera après un nouveau sac de sable à porter avec un joli dénivelé, un filet à escalader et un montée interminable. Le temps pour moi d‘échanger deux mots avec un autre coureur qui me glisse « je ne pensais pas que c‘était aussi dur », j‘ai simplement répondu « moi non plus ». Ca y est le ravitaillement est là, tout comme le circuit Paul Ricard!

kazeco spartan race 3Mais ce n’est pas fini. Sur une espèce de place, il faut planter une lance dans une cible en foin à quelques mètres de là… Echec pour tous et re-pénalité (à ce moment là, les burpees sont vos ennemis jurés et c‘est peu dire). On repart, et cette fois c’est vraiment difficile. C’est quasiment la fin mais devant nous apparaissent 100 mètres (et j’exagère à peine) de barbelés sous lesquels il faut alors ramper. Je vous assure que c’est long! Je n’ai plus qu’un des membres de l’équipe à mes côtés. On sort couverts de boue, il nous reste une palissade penchée à franchir à l‘aide d‘une corde, la ligne d’arrivée est proche. Plus que quelques mètres. Il faut passer par-dessus un mur en bois. Il est haut, je fais donc la courte échelle à mon coéquipier et lui, en haut, m’aide en m’agrippant par le short. Situation comique mais efficace.

L’arrivée est théâtrale: des braises par-dessus lesquelles il faut sauter pour la photo, des « spartiates » qui tentent d’effrayer les coureurs et sur la ligne d’arrivée des femmes romaines qui vous remettent le graal: la médaille de « Finisher ». C’est terminé. Au final, il nous aura fallu pas moins de 3h20 pour venir à bout de cette course. Les boissons et bananes sont plus que les bienvenues! Tout le monde est en file indienne, on vous remet le t-shirt Reebok de la Spartan Race 2014 et on vous retire la puce électronique de la chaussure. 

kazeco spartan race 4On se retrouve, pleins de boue. Chacun refait la course, peste contre un obstacle, contre la difficulté, mais tous ont le sourire. On nous immortalise devant le logo Spartan Race dans un état pitoyable et direction les consignes pour récupérer nos affaires. Les douches à disposition sont des tuyaux en plein air situés derrière une structure gonflable servant de vestiaire. Vu la quantité de boue que l’on transporte et le monde qui attend pour les douches, on opte pour un mode de lavage plus simple: le plongeon dans un étang d’eau (pas très claire). Une fois décrottés et changés c’est le retour à la voiture. Le trajet jusqu’à la maison sera un  mélange de débriefing géant et de fatigue pure. Quelques jours plus tard, un email de Reebok nous donne le classement définitif ainsi que les photos officielles de la course. Un beau souvenir.

L’équipementier Reebok a montré ici qu’il avait misé gros sur ces événements qu’il organise d’une main de maître. Certes cela n’est pas encore parfait, mais c’est très bien organisé, et à en juger par le nombre de participants: le succès est au rendez-vous. Une stratégie qu’il ne compte pas abandonner. Les Spartan Race sont connues mondialement et entendent bien se développer encore plus. L’année prochaine on recommence?

Manuel ’Pancetta’ Orengo

manu@kazeco.com

Team Saucisson - Spartan Race Beast