Economie et Sport

Santé: Les métiers qui ont la côte

kazeco sportNous l'avons dit, et on le sait, le sport est toujours aussi populaire et présent dans le quotidien des français. Il est d'ailleurs de plus en plus varié avec l'essor de nouvelles activités. Les dépenses des ménages pour le sport sont passées de 16.4 milliards d’euros en 2007 à 17.6 milliards en 2011, d’après l’étude réalisée par le Ministère des Sports et parue cette année. Cela représente une augmentation des dépenses de  7.3%. L’Etat, pour sa part, a vu ses dépenses augmenter de 12.2%, passant ainsi de 4.1 milliards en 2007 à 4.6 milliards en 2011.  Le nombre d’établissements sportifs est d’ailleurs passé de 24’700 fin 2008 à 27’000 fin 2012 soit une augmentation de 9.3%.

La France bouge et c’est très bien, mais cela comporte des risques. Du petit bobo à la grosse blessure, il y a une multitude de cas possible. Pour soigner ces maux qui sont, par conséquent, en constante augmentation, des professionnels sont là. Les métiers que l'on peut qualifier de "métiers de la rééducation" connaissent un boom depuis quelques années. Quels sont-ils?

Il y a parmi eux:

                - les podologues qui soignent les pieds, fabriquent des semelles orthopédiques pour compenser des malformations du pied, et pratiquent de la rééducation postopératoire.

                - les masseurs-kinésithérapeutes qui réalisent manuellement ou à l‘aide d‘instruments, des actes ayant pour but la rééducation ou la prévention de blessures ou traumatismes. Ils interviennent dans le milieu du sport et en thalassothérapie.

                - les ostéopathes qui manipulent le corps humain dans son intégralité (os, muscles, articulations) pour soigner les douleurs, les troubles digestifs, vertiges, troubles de la circulation etc. Ils interviennent à tout âge.

                - les psychomotriciens qui interviennent sur la communication verbale et non verbale. Ils interviennent pour résoudre les troubles du développement psychomoteur.

                - les diététiciens qui contribuent à assurer la qualité des aliments ainsi que leur préparation (association d’aliments en fonction des patients et de leurs attentes ou besoins) et le respect de l’hygiène. Ce métier peut aussi bien s’exercer en hôpital qu’en cabinet libéral.

kazeco osteoTous ces spécialistes vont, à un moment ou à un autre, interférer dans la vie d'un sportif. Venir "réparer" les dégâts, lui permettre d'améliorer ses performances ou tout simplement le soulager face aux désagréments qu‘il peut rencontrer. Leur "boom" est considérable sur les dernières années. A titre d'exemples, la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) a récemment publié un rapport concernant ces métiers.

Que nous indique ce rapport?

Dans ces métiers, la majorité des praticiens sont de sexe féminin. On constate entre 2003 et 2013 un net rajeunissement de ces praticiens avec une augmentation de la catégorie des moins de 30 ans et une diminution des plus de 40.  Cette évolution dans la répartition des praticiens est très marquées chez les masseurs-kinésithérapeutes. La hausse du nombre de diplômés exerçant sur le territoire est également due à l’augmentation des diplômes étrangers. Beaucoup d’étudiants (français) obtiennent leur diplôme à l’étranger et viennent ensuite pratiquer en France (après avoir au préalable demandé un autorisation d’exercer).

kazeco dieteticienSelon une étude de l'INSEE (Institut National de la Statistiques et des études économiques), la population en France entre 2003 et 2013 a augmenté de 6.02%, avec une évolution de 5.98% pour les hommes et de 6.05% pour les femmes. Une évolution démographique qui suit celle des dépenses des ménages en sport. Heureusement pour nous, les métiers de la rééducation sont en plus forte augmentation, comme nous le montre le graphique plus bas (issu du rapport de la Drees).

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kazeco dieteticien2L'étude de la Drees englobe dans cette catégorie de métiers des postes qui ne concernent pas directement le sport et le sportif lui-même, comme l'orthophonie ou l'ophtalmologie, par exemple, puisqu'elle se focalise sur le secteur de la santé en France hors médecine générale (à noter que l’étude exclu les pratiquants de plus de 65 ans qui seraient retraités et non désinscrits du répertoire national Adeli, qui recense tous les professionnels de santé réglementés). La population française vieillissante n'est pas étrangère à ce développement d'activité, puisqu'avec l'âge,  les petits soucis de santé surviennent plus facilement, que l‘on pratique un sport ou non. Mais l'accroissement de tous ces métiers montre aussi une volonté des français de prendre plus soin d'eux que 10 années auparavant. Preuve que la santé est toujours un secteur dans lequel on ne peut cesser d'investir: l‘augmentation constante des métiers de la rééducation qui continuent de répondre à la demande.

Il y a tout de même des incohérences.  Tout d'abord le fait que ces métiers soient soumis, lors des études, à des quotas très restrictifs pour trois des catégories que sont les masseurs-kinésithérapeutes, les psychomotriciens et les orthophonistes,  rendant l'obtention du diplôme en question toujours plus difficile et donc in fine pas suffisamment de praticiens pour répondre à la demande des français (tout le monde le sait, il n'est pas évident d'obtenir un rendez-vous chez le kinésithérapeute pour le lendemain). Néanmoins, ces quotas ont fortement augmenté depuis 2003 avec +60% pour les masseurs-kinésithérapeutes, +50% pour les psychomotriciens, et, moins soutenu mais toujours en croissance, +35% pour les orthophonistes. En contraste, ces quotas mettent en lumière la volonté d’obtenir des diplômés toujours plus performants où seuls les meilleurs sortiront lauréats.

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Autre bémol,  cette fois bien différent,  il y a une trop inégale répartition de ces pratiquants en France. En effet, la majorité se trouvent en Ile de France ainsi que dans le sud et sur la Côte. La région Centre, pour ne citer qu‘elle, se trouve donc lésée, et elle est loin d’être la seule.

kazeco kineCes métiers de la rééducation sont en telle expansion qu’il est clair qu’ils sont devenus indispensables aux français et qu’ils se sont imposés dans le paysage de la santé française. Comment se passer de leurs services de nos jours? Quasiment impossible. Le sport et la lutte contre les kilos superflus faisant partie du quotidien, il faut alors collaborer étroitement avec ces professionnels pour poursuivre les efforts et atteindre les objectifs que notre société continue de repousser au travers de leurs publicités martelées sous nos yeux. Mais ça, c’est un autre discours. En attendant, au quotidien, essayons d’avoir des postures qui n’endommagent pas notre organisme à long terme. Comme on dit: qui veut voyager loin, ménage sa monture!

Manuel Orengo

manu@kazeco.com

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