Economie et Sport

Rugby World Cup 2015

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Du 18 septembre au 31 octobre prochain se tiendra la 8ème édition de la coupe du monde de rugby à XV. L’Angleterre et le Pays de Galles (avec des matchs disputés à Cardiff) seront les hôtes de cet événement tant attendu des amateurs de l’ovalie. A cette occasion, la Nouvelle-Zélande remettra son titre en jeu, un trophée remporté au nez et à la barbe des français en 2011. Pour autant, même si la France a de sérieux arguments, elle ne fait pas office de favori et devra venir à bout des meilleures équipes de la planète, dont le XV de la Rose qui évoluera à domicile. Une compétition qui prend de l’ampleur.

C’était en 1991 que l’Angleterre organisait sa dernière coupe du monde de rugby. Après les Jeux Olympiques en 2012, c’est le rugby qui s’invite sur les terres anglaises. Les autres candidats n’ont, pour autant, pas démérité.

Il y avait l’Italie avec ses nombreux grands stades, grâce aux clubs de football de renoms. Ces infrastructures méritant peut-être une rénovation, la candidature italienne a donc été abandonnée.

Il y avait l’Écosse et l’Irlande, terres de rugby presque autant que l’Angleterre. Les pays ont reçu le soutien de nombreux hommes politiques mais, contrairement à l’Italie, ils manquaient d’infrastructures adaptées, jugées trop petites et trop peu nombreuses pour qu’ils assument seuls l’organisation de la coupe du monde. Une aide des pays voisins aurait été une obligation.

Il y avait l’Afrique du Sud, déjà hôte de la coupe du monde de football en 2010. Mais le pays étant candidat à l’organisation des Jeux Olympiques de 2020 ne pouvait pas se permettre d’accueillir 3 événements majeurs en 10 ans seulement, vu les moyens qu’il faut déployer.

Enfin, il y avait le Japon, l’invité surprise. Déjà dans les deux derniers candidats à l’organisation de la coupe du monde de rugby de 2011 (remportée au final par la Nouvelle-Zélande), le pays du soleil levant avait tout d’un favori. Néanmoins, l’International Rugby Board (IRB) a craint de voir des rencontres boudées par un public peu friand de ce sport. Ce n’est une surprise pour personne : le rugby manque de popularité en Asie. Il est vrai que l’organisation de la coupe du monde aurait permis de développer ce côté-là, mais, bien qu’il en ait été décidé autrement pour cette édition, le Japon a obtenu d’organiser la coupe du monde de 2019 !

 C’est donc l’Angleterre qui a été choisie, avec le Pays-de-Galles, dont l’unique stade sélectionné est le Millenium Stadium de Cardiff, qui dispose tout de même de 74'500 places.

Les douze autres stades sont tous situés en Angleterre avec entre autre ceux de Manchester, Leeds, Newcastle et les trois plus prestigieux de Londres : le Stade Olympique (80'000 places), Twickenham (82'000 places) et Wembley (90'000 places). Il avait initialement été prévu d’utiliser les stades des clubs de football de Manchester United (Old Trafford), de Liverpool FC (Anfield Road) et d’Arsenal FC (Emirates Stadium), mais il n’en sera rien. On estime le montant investi dans les infrastructures à 85 millions de livres sterling, dont 76 millions rien que pour redévelopper Twickenham.

kazeco rugby2Au niveau du ballon officiel pas de surprise : c’est toujours l’équipementier Gilbert qui en demeure le fournisseur. Le ballon a été testé et approuvé par de nombreux joueurs, puisqu’il est en utilisation depuis 2014 afin que chacun puisse s’y habituer. Il possède deux petites particularités :

A noter que lors de la compétition, pas moins de 1'400 ballons seront disponibles. On voit large Outre-Manche.

 L’IRB a prévu le recrutement de 6'000 volontaires pour couvrir l’ensemble de la compétition et des 48 matchs, qui seront disputés par 20 pays et un total de 620 joueurs. Le tournoi permettrait à lui seul la création de 41'000 emplois, dont 16'000 directement liés à l’évènement. Les organisateurs tablent sur un total de 4 milliards de téléspectateurs répartis dans près de 200 pays, et 466'000 visiteurs selon un rapport publié par le cabinet Ernst & Young. D’après ce même rapport, on s’attend à ce que ces visiteurs dépensent un total de 869 millions de livres sterling sur place. Un avantage non négligeable pour le pays. Et ça ne s’arrête pas là.
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Le tournoi devrait, selon les estimations du cabinet Deloitte, générer un impact positif de plus 2 milliards de livres sterling dans l’économie Britannique, contre 1.73 milliards en Nouvelle-Zélande à l’occasion de la coupe du monde de rugby de 2011. De plus, le même cabinet d’audit prévoit une augmentation de 982 millions de livres au PIB national. Un impact économique conséquent qui sera réparti entre les villes hôtes, même si Londres, qui accueillera plus de matchs, en tirera des bénéfices plus grands. A titre d’exemple, pour la ville de Newcastle, il y aura un impact de 93 millions de livres dont 43 millions ajoutés à l’économie locale. Pour établir ces estimations, les cabinets Deloitte et Ernest & Young se sont basés sur les revenus directs comme indirects. C'est-à-dire qu’ils y ont inclus les investissements en infrastructures, comme les ventes de tickets, les dépenses estimées en logements, restaurations, mais aussi (bien évidement) les ventes de tickets, l’impact sur les taxes, les transports, l’investissement médical à la disposition des équipes et j’en passe.

L’impact d’un tel évènement ne se limitera pas aux seules villes hôtes mais ira bien au-delà. Ce sont les fournisseurs et toutes les entreprises liées, de près ou de loin, à l’organisation du tournoi qui en récolteront les bénéfices. Selon Jeremy Brinkworth, chef de projet pour la coupe du monde de rugby chez VisitEngland, il y aura des opportunités significatives pour les entreprises souhaitant se mettre en avant pour accueillir et recevoir au mieux les centaines de milliers de visiteurs attendus. D’autant plus que parmi les visiteurs, fans de rugby, il y aura des hommes d’affaire et chefs d’entreprises. Les entreprises locales pourront être mises en avant sur la scène internationale, grâce à la couverture médiatique du tournoi ; une opportunité unique.

Malgré tout, le grand gagnant sera le tourisme ! L’Angleterre bénéficiera d’une fréquentation en forte hausse, sur une période synonyme de « rentrée » et où elle est donc traditionnellement faible.

kazeco rugby 4L’effervescence autour de la coupe du monde de rugby promet d’être à son apogée, surtout qu’elle est accueillie par la terre du rugby. Les meilleures équipes du monde tenteront de glaner le tant désiré trophée Webb Ellis, sous les yeux de fans, venus en masse pour l’occasion. Rassurez-vous, pour ceux qui ne pourront pas se déplacer, TF1 et Canal+ se partageront la diffusion des rencontres. En effet, la Une avait déboursé 45 millions d’euros pour les droits télévisuels des 48 rencontres et en a finalement revendu 31 à Canal+ pour n’en garder « que » 21 dont les quarts de finale, les demi-finales, la petite finale et, évidemment, la finale à Twickenham (4 rencontres seront diffusées en simultané sur les deux chaînes). Reste à voir si, comme en 2011, le XV de France sera au rendez-vous.

Manuel Orengo

Economie et Sport – Kazeco.com

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