Economie et Sport

Rallye Dakar

kazeco dakar1« Dakar ». Le nom de cette ville Sénégalaise à lui seul évoque une course pleine d’émotion, de rebondissements et de paysages magnifiques. Un rendez-vous incontournable pour les amateurs de courses automobiles. Pour autant, cette course n’a pas toujours été bien vue, souvent entachée par des décès et de nombreuses controverses écologiques. Retour sur un événement organisé par l’ASO (Amaury Sport Organisation) qui perdure toujours, et dont l’édition 2015 touche à sa fin.

Retour sur l’histoire du Dakar

Initialement connu sous le nom de « rallye Paris-Dakar », celui qu’on appelle aujourd’hui « rallye Dakar  » ou tout simplement « Le Dakar », se déroule depuis décembre 1978 (édition 1979). Thierry Sabine, un ancien pilote, a eu l’idée de le créer deux ans après s’être perdu dans le désert lors de la course Abidjan-Nice. Il décide alors de faire un tracé qui partirait de Paris pour arriver à Dakar au Sénégal. Au fil du temps, le lieu du départ changera à plusieurs reprises avec entre autre Versailles, Marseille, Grenade, Barcelone, Lisbonne ou même Dakar. L’arrivée a elle aussi changé quelques fois, mais en 2008, suite à de sévères menaces en Mauritanie (qui devait accueillir 8 étapes), l’édition est annulée. L’année suivante, le Dakar change de continent pour devenir Sud Américain.

La participation à la course est répartie en plusieurs catégories de véhicules. Les voitures, les motos, les camions mais aussi, depuis 2009, les quads, qui s’élancent au départ du Dakar chaque année.

Un événement très (trop) controversé

kazeco dakar2Le Dakar est tristement marqué par de nombreux décès. On en dénombre plus de 60 depuis 1979 et parmi eux des locaux. Il y a eu 9 enfants heurtés par des concurrents. Trente trois concurrents et sept journalistes sont décédés au cours d’accidents de la route. Et aussi, ironie du sort, le fondateur Thierry Sabine qui perdit la vie au cours d’un accident d’hélicoptère rendu « célèbre  » par la présence à bord, entre autre, de son ami Daniel Balavoine. L’accident est aujourd’hui encore soumis à des rumeurs concernant les circonstances exactes, Daniel Balavoine étant gênant pour les politiciens de l’époque et la zone que survolait (par temps très difficile) l’hélicoptère étant une « zone de conflits ». Nous étions le 14 janvier 1986.

L’autre controverse qui entoure cette course, c’est la pollution qu’elle représente pour les pays traversés. Elle est considérée comme une agression écologique et un mépris humanitaire pour les pays traversés. Renaud a même illustré ce phénomène dans une de ses chansons intitulée « 500 connards sur la ligne de départ ». Le ton est donné.

Les réponses des organisateurs

Tout d’abord pour éviter les accidents avec les locaux, les organisateurs ont limité la vitesse des pilotes à l’approche des villages, avec des sanctions en cas de non respect des consignes. Ils ont aussi apposé des écriteaux dans les langues locales, pour expliquer aux habitants les dangers que représente le passage des multiples véhicules. Les accidents de motos étant les plus mortels, en 2006 les organisateurs ont également décidé de limiter la vitesse des motos à 160km/h (tout de même!). Pas sûr pour autant que ces mesures évitent les accidents mortels.

Concernant la pollution, ils avancent l’argument selon lequel les pays hôtes des étapes sont heureux d’accueillir la course et même tristes lorsqu’ils ne sont pas choisis pour une étape. De plus, ils sont soumis à une réglementation stricte les obligeant, et c’est la moindre des choses, à ne rien dégrader et à ne rien laisser derrière eux.

Le journal hebdomadaire français, le Journal du Dimanche, propriété du groupe Lagardère, a publié des analyses au sujet de la pollution des événements sportifs. Il en ressort qu’en 2011, le Dakar a émis 42.000 tonnes de CO2. A titre de comparaison, le Grand Prix de Formule 1 de Spa Francorchamps en Belgique émet 24.000 tonnes de CO2, la Coupe du monde de Football en émet 2.700.000 tonnes et le tournoi de tennis de Roland Garros 156.000 tonnes. Ces chiffres ne justifient pas, à eux seuls, de boycotter le Dakar pour cause de pollution et dégradation, mais ils ont le mérite de mettre des chiffres sur les « on dit ».

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Historiquement, le pilote le plus titré, aussi bien en voiture qu’en moto, est le français Stéphane Peterhansel, totalisant à lui seul 11 victoires (6 en moto et 5 en voiture). Beaucoup de nationalités différentes, tant au niveau des pilotes que des constructeurs, se sont succédées, avec pas moins de 50 nationalités différentes chez les pilotes et 16 chez les constructeurs.

Cette édition, qui voit s’affronter 665 concurrents sur 414 véhicules, a été marquée par le retour de Peugeot 25 ans après sa dernière participation et d’engager Stéphane Peterhansel qui roulait sur Mini auparavant. A deux doigts de recruter dans ses rangs Sébastien Loeb, le nonuple champion du monde des rallyes WRC, Peugeot devra patienter encore un petit peu étant donné qu’il est resté (pour le moment) avec Citroën dans le championnat du monde WTCC.

kazeco dakar4Pour participer au Dakar, il faut bien entendu s’inscrire. Mais devant le grand nombre d’inscrits chaque année, l’ASO procède à une sélection. Une fois sélectionné, il faut régler un forfait véhicule ainsi qu’un forfait pilote, qui varie en fonction de la date du règlement (prix croissant dans le temps). Ainsi, si l’on se base sur les chiffres 2012, il fallait débourser 3.700 euros pour le forfait moto et 10.700 euros pour les pilotes (le chiffre passait à 13.000 euros si l’inscription intervenait après le 15 juillet). Le plus important arrive ensuite: trouver des sponsors. Le budget moyen pour participer est estimé à 40.000 euros sans moto et à 55.000 euros avec. Toujours selon les chiffres de 2012, on peut compter le double pour une voiture. Un budget conséquent qu’il faut bien calculer avant de s’engager pour les 15 jours de course, surtout sachant que les frais ne couvrent pas les frais de visa (obligatoire), le carburant, le rapatriement du véhicule ou encore les frais de voyage. Si le pilote amateur obtient un bon résultat et se fait remarquer, il pourra espérer voir ses frais être partiellement ou totalement pris en charge pas des sponsors, ou bien obtenir un contrat avec une écurie. Sinon, mis à part l’expérience humaine, le pilote amateur d’enregistrera aucun gain!

kazeco dakar5Le Dakar reste un rendez-vous incontournable des amateurs de courses automobiles, des courses dans des décors atypiques, dont le tracé change d’année en année et dont la difficulté et la variété des véhicules engagés en fait un événement qui mérite d’être suivi. En 2014, on a enregistré 3.9 millions de téléspectateurs pour 1.200 heures de diffusion dans 190 pays. Malgré les controverses qu’il représente, les organisateurs continuent de lutter pour maintenir l‘événement.

Néanmoins, quoi qu’ils puissent faire, nul moyen ne pourrait éliminer les risques que présente ce type de course.

Peterhansel continue d’enchaîner les bons résultats dans cette épreuve 2015 après des débuts compliqués. Pourra-t-il emmener Peugeot au sommet pour un retour fracassant du constructeur français dans l’aridité du paysage Sud-Américain?

Manuel Orengo

manu@kazeco.com

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