La chronique du Chef-Economiste

Point de vue Kazeco : Le Flash Crash de 2010 peut il avoir été fait par un seul homme ?

Rappel des faits :
Navinder Singh Sarao est un trader britannique soupçonné d'avoir joué un rôle prépondérant dans le « Crash éclair» de mai 2010 à Wall Street. Il a été arrêté mardi 21 avril a annoncé le département américain de la justice.…
Navinder Singh Sarao a 36 ans. C’est un habitant de Hounslow, en Grande-Bretagne. La justice le poursuit notamment pour fraude électronique et manipulation de contrats à terme sur le Chicago Mercantile Exchange. C’est la première fois que les régulateurs américains avouent qu'une manipulation du marché a joué un rôle dans le Flash Crash du 6 mai 2010.
L'ampleur de la fraude reproché au trader porte sur 40 millions $, d’après directeur du département des poursuites de l'agence fédérale américaine chargée de la régulation des bourses de commerce.
Une goutte d’eau en rapport avec les sueurs froides subies par les marchés en ce 6 mai 2010.
En effet, ce jour-là, l'indice Dow Jones Industrial Average a perdu environ 998,52 points avant de regagner 600 points, entre 14 h 42 et 14 h 52 au New York Stock Exchange. Une baisse de 9,2 % en l'espace de 10 minutes sans précédent dans l'histoire boursière et sans cause fondamentale...enfin presque. Cet incident a mis au jour l'implication du Trading à haute fréquence qui représente désormais les deux tiers des transactions boursière sur le NYSE.
 
Comment le trader a t’il agi ?
Navinder Singh Sarao se serait servi d'un programme de transactions automatisées pour passer simultanément de multiples ordres de vente à différents prix et dans de grands volumes pour donner l'illusion d'une offre abondante.
Il les aurait modifiés fréquemment pour les maintenir près des cours du marché puis les aurait annulés sans les exécuter.
Devant ces mouvements erratiques, les systèmes informatisés des grands investisseurs ont multiplié les ordres de vente. Ce qui a accentué le problème. En réaction, des courtiers ont vendu des actions de l’indice pour protéger leurs arrières. Vers 14h, les manifestations s’intensifient autour de la dette grecque à Athènes. Elles deviennent carrément violentes. Les traders réagissent en vendant l’Euro pour acheter des Yen. Il y a un effet domino immédiat sur les marchés d’actions. Mais, Vendre ses positions s’est soudainement avéré impossible. D’autant plus que les ordinateurs de la Bourse se sont mis à ralentir devant l’avalanche d’ordres de vente. De son côté, le marché était frappé par une volatilité extrême. Certains titres, échangés sur plusieurs Bourses, se sont effondrés. Comme celui d’Apple, qui a perdu 16% de sa valeur en six minutes. Une chute qui a contribué à l’effondrement boursier général.
Au milieu de la tempête, le NASDAQ et la Bourse de Chicago ont coupé l’alimentation en transactions vers la plate-forme électronique centrale mais pas la Bourse de New York. Les systèmes informatiques ont eu un vent de folie et notamment toutes celles utilisant le trading à haute fréquence, dont les systèmes se sont emballés. À 14h40, le Dow avait chuté de 415 points, puis quelques minutes plus tard de près de 1000 points.
Une rumeur « répare » le marché !
Une soit disant mauvaise transaction par un trader de Citigroup sur les titres Procter faisant passer l’ordre de millions à milliards aurait été la cause de l’emballement du marché. Bien sur, cette information est fausse mais la rumeur a rapidement stabilisé les choses. En une minute, le marche US reprend 1/3 de ses pertes. La journée finira par un moindre mal avec 3% de baisse au final. Le Dow Jones, qui avait ouvert la séance à 10 862,22 points, a atteint un plus bas de 9 787,17 points avant de clôturer à 10 520,32 points.
Depuis le 6 mai, les régulateurs ont imposé de nouveaux pare-feu. On prévoit notamment un arrêt des transactions de cinq minutes pour les titres composant l’indice S&P 500, lorsqu’elles varient de 10% pendant moins de cinq minutes.
 
Les questions fortes en suspens 
1- Un particulier même féru d’informatique peut il avoir fait la nique à tous les agios et les programmes de haute fréquence des mastodontes de Wall Street. Quel poids peut il avoir face à Bank of America ou encore Goldman Sachs et autres ?
2- Se peut il que les systèmes de compensation n’aient pas « vu » ou n’est pas eu le temps de s’apercevoir de la supercherie ?
3- En imaginant cela possible, une seule personne peut elle être à l’origine de l’ensemble des ordres en simultannée et de ce programme informatique qui a causé le Flash Crash, sans parler de la vitesse de transactions sur un ordinateur portable avec des capacités de mémoire restreinte ?
Il est certains que ces questions vont apparaître dans les jours à venir sur la toile et feront largement débat
 
David Gürn