Panorama du Social Web de 2006 à aujourd'hui

Petit Panorama du Social Web

Avant d’aborder l’Economie de la Nouvelle économie, le thème de notre rubrique, il convient de s’essayer à un rapide essai de définition. Nouvelle manière de travailler au moyen des NTIC (Technologie de l’information et la communication), nouvelle manière de consommer, nouvelles possibilités de se faire des amis et plus si affinités, ou encore de nouer des relations pour remplir son carnet d’adresses, les promesses de la nouvelle économie sont nombreuses.

S’agit-il par la même d’améliorer uniquement sa satisfaction personnelle ? Ou encore, de produire de l’information pour jouer les leaders d’opinion ? Toutes les finalités semblent être envisageables.

Toutes ses questions seront abordées, disséquées, prises à partie dans votre rubrique sur la nouvelle économie.

Mais commençons par le début : un panorama du social web depuis quelques années

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Que s’est-il passé de 2006 à aujourd’hui ?

En 2006, Google avait déjà réalisé que l’internaute n’allait pas rester passif devant son écran. L’internaute veut participer, donner son avis, faire progresser les services, c’est lui qui bientôt pourra engendrer le boom d’une application ou d’un service, construire la notoriété d’une marque. L’internaute est actif et il est au centre du web, le web 2.0 est né.

Google met donc en place une série de services aux « entreprises » permettant de travailler de manière collaborative, dont Google spreadsheet est un bon exemple.

D’ailleurs, en se permettant un instant un petit travelling avant, l’évolution naturelle en 2014 est le Google Wallet permettant à tout détenteur de compte Google, Gmail, de pouvoir payer directement via son compte Google Wallet. 8 ans d’essais auront été nécessaires pour aboutir à ce résultat.

Mais revenons à 2006 quand les premiers investisseurs de Facebook peuvent investir sur une plate forme d’investissement social ad hoc. Le réseau social est alors évalué à 2 milliards de $.

Il en vaut 100 fois plus, 8 ans après.

En 2006, le web 2.0 commence à prendre de l’ampleur notamment grâce à l’œuvre didactique des blogs spécialisés (Techcrunch aux USA, Fred Cavazza ou Press citron en France). Le grand public reste cependant à l’écart car le web 2.0 demeure pour lui une notion floue.

2007 est une année phare pour le web 2.0, les offres d’entreprises 2.0 commencent à émerger, les Google apps ayant donné le ton.

Premier coup de tonnerre avec la prolifération des blogs de mode et de beauté, mais aussi de technologie et de cuisine, les medias s’interrogent sur l’influence de ces venues et une rhétorique revient à partir de 2007 qui durera jusqu’en 2011 : les blogueurs sont-ils des journalistes ?

Linkedin, très faiblement valorisé en 2007 va bientôt dépasser Monster, un mastodonte dans les Ressources Humaines. Monster perd son hégémonie à partir de 2007 faute de n’avoir pas suivi le filon 2.0.

Les services mobiles attendent leur moment, ils ont beaucoup investi pendant des années, savent pertinemment que le web 2.0 passera tôt ou tard par le mobile.

2008 marque une vraie transition, les investissements des leaders ont été faits, la rentabilité n’est pas au rendez-vous et pour cause, on parle dans les journaux d’un écran de fumée, tandis que d’autres parlent de véritable révolution industrielle.

Des acteurs importants voient leur avenir terni par une évolution trop lente, Myspace par exemple, ou Second Life, faute de vision suffisante.

Il était écrit qu’il fallait attendre 2009. Dommage pour ceux qui se sont engagés avant et qui n’ont pu maintenir et poursuivre leurs investissements. 

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2009 sera l’année des plate-formes de réseaux sociaux ; elles explosent avec à leur tête Facebook et son modèle.

Tout le monde devient fou pour ce réseau social, c’est proprement génial, s’exclament pour la plupart les éditos, deux ans auparavant, ils ne voulaient pas en entendre parler.

On trouve et on retrouve tout de ses anciens copains en passant, par la dernière expo, pour finir par un bon boulot, on s’expose tellement que cela arrive à la vue des DRH …

2009 sera l’année des blogueurs. Ils ou elles, sont invités et adulés dans les cercles fermés de la mode et sont souvent sollicités dans le cadre de lancements de produits. Là aussi, ceux qui sont dans un esprit collaboratif continuent leur chemin, d’autres se fanent … La logique collaborative blogueur/internaute/marque reste la condition du succès.

Les blogs techno durent car ils donnent une vision simplifiée d’un monde devenu complexe.

Les micro bloggings et les micro messengers font leur apparition, c’est un succès immédiat, parce qu’ils correspondent bien à ce que veulent les nouvelles générations, communiquer tout le temps à tout moment mais pas trop longuement et le plus simplement possible.

Microsoft de son côté a loupé le top départ du web 2.0, malgré de nombreux investissements, la société paie cher sa négligence. Dès 2009, elle prend conscience de son  retard mais sa structure d’organisation en interne différente de Google ou Apple ne lui permet pas de passer la 3ème vitesse aussi rapidement qu’elle l’aurait souhaitée.

En 2009, Microsoft, forte de 50 milliards de cash, hésite un moment à racheter Facebook…

2010 marquera l’explosion des réseaux sociaux dans le monde entier et plus seulement dans les pays anglo saxons précurseurs.

Les entreprises françaises et les DRH prennent conscience que quelque chose se passe, qu’une nouvelle organisation autour du marketing et de la communication est en train d’évoluer à marche forcée. Pour les plus visionnaires, c’est toute l’entreprise autour de la finance, des RH, de la production, de la logistique, de la comptabilité… qui doit être concernée par la nouvelle organisation 2.0.

Pendant un temps, les directions marketings pensent qu’il faut faire du BUZZ a tout prix pour réussir et que les RP et la com’ sont à mettre à la poubelle. La réalité est bien différente, tout le monde peut faire du web 2.0 mais très peu réussissent et le temps sur le web a ses propres exigences et sa propre réalité. Il faut du temps, des moyens et une envie pour réussir dans le web 2.0, une « story-telling » global.

Bientôt, la com’ et les agences spécialisées reviennent vite sur le devant de la scène et même dépassent les budgets précédemment alloués.

Dans ce cadre, certaines agences de Relations Publiques qui ont anticipé le vent du web 2.0 deviennent coordinatrices de la stratégie globale de l’entreprise.

Apple et ses fameux Iphone ont donné en 2009 un coup d’accélérateur superbe au créneau de la mobilité des applications et des sites mobiles.

Certaines  applications développés par des développeurs externes connaitront un succès énorme ce qui leur permettra pour certains de devenir millionnaire.

De plus, Apple est perçue comme la marque 2.0 phare.

Son patron, Steeve Jobs en est en bonne partie responsable. Il représente « le type dans le coup », celui à qui on aimerait ressembler. Son combat ressemble à celui de David contre Goliath (Apple vs. Microsoft) et cela plait au grand public.

Ses produits de qualité ainsi que leur packaging correspondent à l’esprit du moment ; enfin la publicité indirecte notamment, largement couverte par les blogs, donne à Apple un coup de pouce exceptionnel. Pour le 1er I phone, on avait évalué la pub indirecte (donc pas payé par Apple) à 720 millions de $ !

Le poucet va devenir très très gros jusqu’en 2013 ou il devient pour un temps la première capitalisation de Wall Street

Plus de 1 millions d’applications  seront développées sur Apple entre 2010 et 2011, et déjà on entend parler des touchbooks comme remplaçant l’ordinateur portable usuel dont l’Ipad d’Apple devient le fer de lance.

Pour ceux qui suivent, 2011 est aussi l’année du Cloud Computing qui sert à protéger ses données dans les nuages (sur des serveurs virtuels= virtualisation des données). Pour les entreprises, et les directeurs techniques, c’est une révolution ; pour la nouvelle organisation des entreprises et ses implications dans le travail collaboratif, une gageure. Beaucoup prenennt conscience de son importance au milieu de 2012.

2012 sera d’ailleurs l’année de la bataille des logiciels sur les plate-formes de mobilité.

En toile de fond, la bataille acharnée entre l’IOS d’Apple et Androïd de Google, les marques sont prêtes à tout pour ralentir la croissance effrénée d’Apple qui élimine tout sur son passage. Nokia, n’ayant pas vu le vent venir se fait laminer. Un outsider n’était pas prévu, Samsung, le leader coréen qui arrive à rivaliser avec Apple fin 2012.

De plus, à cette mobilité, l’heure est à la TV connectée avec la montée en puissance de Youtube (qui appartient aussi à Google), tandis que des opérateurs dans le câble, tels Numéricable, qui vient de défrayer la chronique avec le rachat de SFR, ou Free avec sa Box intelligente, prennent de plus en plus de place.

2012 marque plus que jamais une aire de séparation entre les acteurs qui créent du contenu et ceux qui mettent en place les appareils et le réseau nécessaires pour user de ce contenu.

Le Cloud permet  quant à lui d’engranger des méga-données et la fibre de les diffuser avec une meilleure qualité.

2012, c’est aussi l’explosion des « market place » et plus largement du e-commerce.

Le Big Data, par voie de conséquence, devient un instrument déterminant puisqu’il permet de rassembler et de traiter d’énormes quantités de données pour en faire ressortir les tendances à venir.

Dans l’entreprise, le social Business devient l’épicentre des organisations. Toutes les entreprises traditionnelles qui ne prennent pas en compte cette conduite de changement prennent un coup de vieux significatif.

La plupart des entreprises sont embourbées dans des problèmes quotidiens de trésorerie ou de produits, les dirigeants de PME n’ont pas souvent la tête froide pour considérer des changements pourtant indispensables.

Les Community Managers et les gestionnaires d’entreprise (ou Coordinateur) prennent un rôle nouveau et souvent important mais mal maîtrisé par la plupart des chefs de service faute d’une vision claire de l’entreprise 2.0.

2013 est l’année de la confusion parce que des applications nées 3 ou 4 ans auparavant avec pour la plupart 10 à 50 salariés se vendent plusieurs milliards de $.Le plus médiatique étant le rachat de Whatapp par Facebook pour 18 milliards de $.

Confusion également car forcement tout bouge très vite, « ne pas faire » est un signe de faiblesse et un manque d’actualité peut ralentir l’histoire d’une marque.

Pour certaines entreprises sur ce créneau, 2013 marque un apogée avec des rachats s’élevant à plusieurs milliards de la part des réseaux sociaux dont le plus fameux est Whatsapp.  

On le voit pour Apple, qui après la disparation de son chef hégémonique, a du mal à sortir un nouveau produit et qui malgré des chiffres encore excellents, connaît aux yeux du public une nette détérioration de son image de marque, un passage à vide, un simple creux ou quelque chose de bien plus profond?

Facebook a bien compris cela. Pour exister, il faut emballer la toile, créer l’événement.

On parle de Facebook, Apple, Microsoft, Amazon, quid de tous les autres, petits acteurs de niches ? Quelques marques se portent très bien sur le web. Certaines marques nées quelques années auparavant tiennent le haut du pavé. Pour un  temps ? Pour longtemps ? ElevenParis par exemple, la petite marque à la moustache, a compris, depuis le départ, l’intérêt de communiquer sur le web et sur l’évènement. Son marketing et sa communication correspondent pile poil à son public.

Amazon avec Market Place permet à des micro acteurs de tirer leur épingle du jeu, pourvu que le service offert par ces entreprises suive.

Plusieurs entreprises ont connu un très  bon début sur Amazon et par la suite cela est devenu un calvaire car leur logistique ne suivait pas. Amazon les a averties puis les a bannies de son système.

Certaines agences de Relations Publiques spécialisées ou des gros acteurs comme Publicis qui ont racheté à tour de bras des entreprises dans le social media sont devenues des acteurs incontournables pour la mise en place de stratégie. Au moins les directions marketing ont elles une aide rapide pour mettre en place un début d’animation et de réseaux sociaux.

2013 voit aussi l’explosion du BIG Data et  l’exploitation des données par les marketeurs.

En 2014 tout devient connecté et le web existe  partout autour de nous, les parcs nationaux, les gares, offrent un internet gratuit, (« ici Wii Fi disponible ») les restaurants, les bars, les bibliothèques souvent aussi.

Les Market Place prennent de l’ampleur, Amazon malgré des résultats déficitaires voit toujours son cours de bourse augmenter et ce n’est pas pour rien. Amazon s’est attachée à des paris difficiles pour un travail collaboratif d’envergure en mettant en place une méga-logistique qui va forcément donner ses fruits dans moins de 3 ans. Alibaba, « l’Amazon chinois »  va bientôt faire une entrée fracassante sur la bourse américaine.

Une question demeure pour la France : comment un pays qui contient autant de boutiques, de TPME ou PME, va t’il s’adapter à cette nouvelle économie ? Qu’a-t-il été fait pour le moment ? N’est-il pas trop en retard ? La prise de conscience un peu tardive, notamment dans le secteur du tourisme, permettra-t-elle de rattraper ce retard ? La France en a-t-elle les moyens financiers ?

Autant de questions qui sont des paris et qui façonneront le visage d’une France aux centres villes déserts, ou au contraire de nouveaux commerces qui en plus de bornes automatisées fourniront une multitude services 2.0.

2014/2015 est sans nul doute un moment à ne pas louper pour les entreprises et pour le territoire national sur le plan de la nouvelle économie.

Votre rubrique, l’Economie de la nouvelle économie tentera d’apporter des réponses concrètes au fur et à mesure de ses exposés.

 

David Gurn