Economie et Sport

MotoGP : l’élite

Depuis le mois de mars et ce jusqu’au mois de novembre se déroule la 67ème édition du championnat MotoGP. Considéré comme l’élite des courses de motos, ce championnat du monde de grosses cylindrées regroupe les meilleurs pilotes mondiaux pour une lutte acharnée et souvent spectaculaire qui a lieu tant sur la piste qu’en dehors.

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Le MotoGP c’est quoi ?

C’est, nous l’avons dit, un championnat du monde de courses à moto dont le déroulement est étalé sur trois jours. Le premier jour il y a les essais libres tout comme une partie du second jour. Lors de cette deuxième journée, se tiennent également deux séances de qualifications : dénommées Q1 et Q2. La Q1 regroupe les pilotes classés de la dernière à la 11ème place lors des essais libres. A la fin de Q1, les deux meilleurs rejoindront les 10 pilotes les plus rapides lors des essais libres pour prendre part au Q2 et ainsi déterminer l’ordre sur la grille de départ.

Jusque là rien de bien extraordinaire. Mais en quoi le MotoGP diffère-t-il de la catégorie Superbike ? Cette dernière regroupe des motos de séries, modifiées selon des critères bien spécifiques. Or, en MotoGP ce sont des prototypes qui courent sur piste, d’où le fait que la lutte se déroule aussi en dehors des circuits et que la catégorie soit considérée comme élitiste.

En effet, les écuries ont un gros travail de recherche et de développement à effectuer. La partie portant sur l’amélioration du véhicule et des ses performances est tout aussi importante que le comportement du pilote sur la piste, voire plus. Il faut donc des équipes soient capables d’avancées technologiques importantes et bénéficient de gros moyens axés sur le développement.

Deux autres sous-catégories existent : la Moto3 (depuis 2012) regroupant les monocylindres quatre temps de 250cm3 maximum et la Moto2 (depuis 2010) regroupant des véhicules quatre temps de 600cm3.

Les prototypes qui courent en MotoGP ont une cylindrée de 1000cm3 depuis 2012. Lors de sa création en 1949, les moteurs étaient des deux temps de 500cm3. En 2002, ils ont été remplacés par des quatre temps de 990cm3, avant qu’en 2007 une règlementation n’impose une réduction à 800cm3. Mais depuis 2012, pour éviter l’amalgame avec les cylindrées des Moto2 et pour alimenter le spectacle, la cylindrée est passée à 1000cm3.

motogp2Déjà trois courses se sont tenues et elles promettent un combat dantesque cette année entre l’italien Valentino Rossi (7 fois champion du monde) et l’espagnol Marc Marquez (2 fois champion du monde) à la lutte sur la photo ci-contre. Le premier a déjà remporté deux courses contre une pour le second. Le Grand Prix d’Argentine (3ème course de la saison) avait proposé un final des plus haletants entre les deux pilotes, soldé par la victoire de Rossi ayant jouit de son choix judicieux de pneus extra-durs à l’arrière, lui ayant permis de refaire son retard sur Marquez et de le doubler sur le fil. Mais l’espagnol est loin d’avoir dit son dernier mot. En effet, le prochain Grand Prix programmé (qui se déroulera le 3 mai) sera celui d’Espagne. Marquez jouera donc une carte importante à domicile.

Le Grand Prix d’après nous intéressera d’autant plus qu’il se situera en France ! L’impact économique d’un tel évènement n’est pas à prendre à la légère. La réception de cette course représenterait une injection de l’ordre de près de 10 millions d’euros dans l’économie locale et donc française. D’où provient cette somme ?

D’après Claude Michy, détenteur des droits relatifs à l’organisation du MotoGP en France depuis 1994, l’événement rassemblerait près de 100.000 visiteurs depuis 2010, réparties en 84.000 spectateurs de moyenne plus les organisateurs, le staff, les pilotes et les bénévoles.

 

Petit exemple de calcul simple : si l’on part sur une base de fréquentation de 80.000 spectateurs, les dépenses s’organisent comme suit :

Ce qui fait un total de 9.6 millions d’euros. A cela il faut rajouter les frais de transports quotidiens, les dépenses de l’organisateur hors zone géographique locale (3.5 millions d’euros s’il vous plait), les autres types d’hébergement (location appartement…).

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Un impact positif considérable pour la région. Mais il est vrai que, en comparaison, les autres circuits peuvent rapporter beaucoup plus à une région. Comme par exemple le second Grand Prix de la saison, qui a eu lieu aux États-Unis, plus précisément à Austin dans le Texas. Celui-ci rapporterait chaque année pas moins de 25 millions de dollars (soit un peu plus de 23 millions d’euros) à la région. Une différence qui peut, en partie, s’expliquer par l’affluence autour de l’évènement, qui n’accueille pas moins de 140.000 spectateurs de moyenne pour 200.000 le jour de la course.

motogp4Le MotoGP ce sont également de grandes marques associées à l’évènement comme l’horloger Tissot, le fabriquant de pneumatiques Bridgestone, BMW, la bière Singha ou la multinationale spécialisée dans les services informatiques UST Global. Ces noms font partie des sponsors dits « Officiels », mais il va de soit qu’ils ne sont pas seuls. Il y a les sponsors « Titres ». Ceux-ci viennent s’adosser à un (ou plusieurs) Grand Prix, ce qui leur confère une très forte visibilité durant l’événement, tant localement que lors de la retransmissions télévisuelle. Pour n’en citer que quelques uns il y a les boissons énergétiques RedBull (pour les Grand Prix d’Argentine, des Amériques et d’Indianapolis) et Monster (pour les Grand Prix de France et de Catalogne), l’opérateur téléphonique Tim (pour les Grand Prix d’Italie et de San Marin), ou encore GoPro (pour le Grand Prix d’Allemagne).

Le championnat du monde de moto est très apprécié et commence à attirer de plus en plus de fans, probablement lassés du spectacle bridé qu’offrent les Grands Prix de Formule 1, avec un règlement contraignant, en constante évolution. Toujours aussi spectaculaire, le MotoGP a de beaux jours devant lui, et ses pilotes stars ne sont visiblement pas prêts à abandonner le spectacle. Pourvu que ça dure !

Manuel Orengo

Economie et Sport – Kazeco.com

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