Madoff ne fut pas le premier…

bernard madoffL’affaire Madoff a secoué la planète finance, lorsque le 12 décembre 2008 les prémices d’une immense escroquerie furent mis au grand jour. Les autorités américaines, dont la fameuse Stock Exchange Commission (SEC), gendarme du marché américain, ont d’abord considéré que l’escroquerie portait sur une somme de 50 Mds de dollars, avant de se rendre compte qu’elle tendait plutôt vers les 65 Mds et qu’elle rentrait dans l’histoire comme la plus massive du genre.

Pourtant le système utilisé par le gérant de fortune était éminemment connu, notamment outre-Atlantique où un jeune escroc lui avait donné son nom.

C’est en effet dans le Boston des années 20 que Charles Ponzi créa une petite société financière qui ne semblait pas payer de mine de prime abord, et qui en fin de compte, n’allait pas payer du tout…

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Dans un premier temps, Charles Ponzi joue sur les apparences afin d’attirer la confiance de petits épargnants. Il leur promet des taux de 50% de rémunération annuel sur leurs placements. Certains travailleurs arrêtent même de se rendre à l’usine pour lui confier toutes leurs économies. Les souscripteurs attirés par la promesse d’une rentabilité alléchante se pressent les uns derrière les autres. La chaîne commence alors.

Cas pratique :

Monsieur A dépose 10 et s’attend à 5 de rémunération, soit 50% de rentabilité. Le financier-escroc accueille alors Monsieur B qui lui donne 20 et qui s’attend à 10 de rémunération. En attendant, les 20 de Monsieur B permettent de payer les 5 de Monsieur A. Il reste alors 15 dans les caisses du financier-escroc, mais pas un seul centime de cette somme ne lui appartient. Plus encore, il doit désormais trouver un Monsieur ou une entreprise C qui souhaiterait lui confier suffisamment d’argent pour rembourser et rémunérer Monsieur B.

La chaîne est sans fin et le déficit masqué du financier-escroc se prolonge jusqu’à qu’il ne puisse plus payer les dividendes de ses clients, faute de nouveaux entrants dans la chaîne, où que des autorités viennent plonger le nez dans ses comptes.


Les seuls gagnants d’un tel système sont les clients qui ont pu quitter le navire à temps. Autrement dit, ceux qui ont donné 10 pour gagner 5 et qui ont mis fin à leur relation avec le financier-escroc.

Conséquences :

Charles Ponzi attira en deux mois seulement une masse de 30.000 épargnants et plus de 10 millions de dollars. Bernard Madoff trompa des clients triés sur le volet comme John Malkovich, Steven Spielberg ou Elie Wiesel, mais également des institutions bancaires prestigieuses dont les pertes ont été vertigineuses : 7,5 Mds pour Fairfield Greenwich Advisors, 3,1 Mds pour la Santander, ou encore 1 Mds pour HSBC. Rapportées au seuil des fonds propres de certaines de ces institutions, les montants peuvent sembler dérisoires. Le fait est, que la chaîne de Ponzi, combine somme toute peu élaborée, a finalement réussi par l’appât du gain à tromper une fois de plus, la vigilance, mais surtout, le bon sens de certains, professionnels de la finance y compris. Chaîne de Ponzi ou combine de Madoff, l’histoire se répète, et confirme que la cupidité ne vaut pas toujours son pesant d’or...

 

David Dayan

david@kazeco.com

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