Consommation

L'obsolescence programmée

C'est un pas de plus vers le respect de l'homme et de l'environnement que vient de faire l'Assemblée Nationale. Fin septembre, les députés ont voté un amendement écologiste afin que cette pratique soit considérée comme un délit.

kazeco obsolescence programmée4

Le doute commence à grandir chez bon nombre de consommateurs : ils remarquent en effet que les objets électriques ou électroniques tombent en panne peu de temps après l'achat; les constructeurs sont soupçonnés de limiter la longévité  leurs produits pour inciter à  la consommation massive.

kazeco obsolescence programmée3Pour comprendre comment l'obsolescence programmée a été créée, il faut remonter à l'époque d'après-guerre. Tout doit être reconstruit, l'électroménager se démocratise, les ménages s'équipent peu à peu, la production en série apparaît. A ce moment-là, on pensait que si les produits étaient régulièrement renouvelés, la consommation serait sans cesse relancée : c'était le modèle économique d'alors. Oui mais les temps ont changé. La pollution, la crise, la mondialisation et la prise de conscience ont fait que l'obsolescence n'est plus au goût du jour : l'empreinte écologique et le pouvoir d'achat sont biensûr au cœur des préoccupations mais c'est le débat sur le projet de loi sur  la transition écologique qui (abordé en 2012 par Eva Joly dans son programme électoral) a fait tranché les députés.

Comment sera punie cette pratique ? S'il est démontré qu'elle est intentionnelle, que « l'ensemble des techniques par lesquelles le fabricant ou l' importateur de biens vise, notamment par la conception d'un produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d'utilisation potentielle de ce produit afin d'en augmenter le taux de remplacement », l'entreprise sera désormais passible d'une peine de prison de  2 ans et d'une amende de 37 500 euros au minimum, la responsabilité sera pénale et individuelle.

kazeco obsolescence programmée2L'innovation  technologique de ces dernières années a même encouragé les constructeurs a recourir à cette pratique : que ce soit d'ordre technique ou psychologique (le consommateur est poussé a avoir l'objet « dernier cri » alors que le précédent fonctionne toujours...), les stratégies mises en place par les industriels sont bien réelles. Cette surconsommation est d'autant plus néfaste qu'elle a un fort impact sur l'écologie  (production de déchets et raréfaction des ressources naturelles) mais également sur le porte-monnaie des Français.

Encore faut-t-il pouvoir prouver que le constructeur a délibérément raccourci  la durée de vie de l'appareil ; les parlementaires le savent, les mesures de contrôles sont très faibles, cet amendement se veut surtout dissuasif. Pas de quoi redonner confiance aux Français...

Sur ce sujet, vous pouvez regarder le très bon documentaire "Prêt à jeter",  de Cosima Dannoritzer.

Lyla Grabsia

Lylagrabsia@live.fr