Les acteurs de la nouvelle économie contre Visa

Fin mai, iZettle, société suédoise réalise sa troisième augmentation de capital pour 40 millions d’euros (70 au total)

iZettle, c’est le concurrent européen face à l’américain Square (dont les fondateurs sont d’ailleurs ceux de Twitter), bien installé aux Etats unis avec un peu plus de 10 milliards de transactions l’année passée et beaucoup plus à venir prévus pour cette année.

Comment cela fonctionne ?

C’est un  système qui permet à n'importe qui d'accepter les paiements par carte, sans autre frais que la commission de 2,75%  (en diminution vers 1,75 %) sur la transaction. Le dispositif est par ailleurs gratuit, ne nécessite pas d'avancer de frais et n'est soumis à aucun engagement de long terme.

La start-up fabrique un petit lecteur de carte bancaire – le "dongle" – que les commerçants peuvent brancher sur la prise jack des smartphones ou tablette Apple ou Android, afin de les transformer en terminaux de paiement.

A ce dongle est associée une application mobile qui gère les paiements, la facturation et la comptabilité.

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Square a donc été rapidement adopté par une pléiade de petits marchands américains qui jusque-là n'acceptaient pas les cartes bancaires, séduits par la facilité d'utilisation du service et par le faible investissement financier nécessaire.

Actuellement, Square revendique plus de 3 millions de particuliers (baby-sitters, plombiers, kinésithérapeutes...) et d'entreprises utilisant sa solution pour accepter les paiements par carte. La société indique qu'elle traitera environ 10 milliards de dollars de transaction en 2013. Elle peut compter sur un financement plus que solide, ayant enchaîné les tours de table records. la start-up américaine est valorisée à 3,25 milliards de dollars. Square a levé 340 millions de dollars en trois ans d'existence, réalise 10 milliards de transactions avec 3 ans d’existence !

Pourtant les banques françaises...

L’argument des banques françaises pour refuser le système: un taux de commission bien plus faible et la carte à puce qui nécessite d’autres aménagements techniques

Les banques françaises appliquent un taux  plus faible que celui de Square, un commerçant français standard pouvant obtenir de sa banque de l'abaisser jusqu'à environ 0,5%. Sans mentionner le fait que si Square utilise la piste magnétique des cartes bancaires pour les reconnaître, plusieurs pays d'Europe, dont la France, utilisent pour leur part des cartes à puce authentifiées par un code PIN, un dispositif non transposable directement sur un smartphone ou une tablette.

Ce discours est rabâché de manière quasi unanime par les différents acteurs qui s’accordent à dire que le modèle n’est pas transposable :

Pourtant on disait la même chose pour Paypal en France, et ceci fait donc abstraction de la dématérialisation.

Les européens  commencent à réagir et donc la dernière levée de fonds d’iZettle (poussé par American Express) en est la preuve d’une volonté d’accélération. On nommera aussi le cas du Germano-Irlandais SumUp (présent dans 10 pays dont la France), ou de l'Allemand Payleven (déployé dans 6 pays et issu de l'incubateur Rocket Internet) ou encore d'acteurs plus récents, comme le Britannique mPowa ou l'Italien Jusp.

Pourtant le côté pratique, l'absence de frais d'installation, d'abonnement mensuel, reporting fourni gratuitement, traçage du client de coûts liés à la maintenance ou l'évolution du matériel et un service hyper simple devrait donner du poids à ce nouveau dispositif.

Les terminaux de paiement traditionnels  quant à eux nécessitent d'être intégrés avec des solutions tierces de facturation, de compatibilité et de gestion client, ce qui se révèle rapidement coûteux, Square prend déjà en charge ces aspects.

Ces dispositifs permettront au marchand de mettre en place des "caissiers volants", qui délestent les caisses, prennent les paiements en terrasse ou encore se font régler sur le lieu d'une livraison ou de l'exécution d'une prestation. Et pourquoi pas permettre au client du magasin d'effectuer lui-même la transaction sur son smartphone, avant de présenter son reçu à un vigile à la sortie.

D’ailleurs, très vite, l’utilisateur n’aura même plus besoin de sortir sa CB, au second passage, l’utilisateur sera automatiquement reconnu via son smartphone. Pour payer, il n'aura qu'à dire son nom. Sa photo s'affichera sur le terminal mobile du marchand qui l'identifiera et validera la transaction.

Que va faire Visa, la bataille sur les moyens de paiement 2.0 ne fait que débuter ?