L'Eco de nouvelle économie

Le web crée t’il des générations bipolaires ? Quelles conséquences économiques ?

A peine réveillés, les jeunes adolescents vont pianoter sur le web pour dialoguer ou se tenir au courant de ce qu’ils auraient pu louper pendant leur sommeil ?

Plus d'un Français sur deux est accro à Internet. Besoin de surfer, de se connecter au moins toutes les 15 minutes. Les motifs sont nombreux besoin de lire au plus vite ses mails, réseaux sociaux, informations perso. Les adolescents français sont dans la phase pré-Addiction !

Une étude menée en 2011 par des chercheurs du ministère allemand de la Santé révélait que plus d'un demi-million d’allemands étaient dépendantes du web. Au Canada et en Espagne, les proportions sont les mêmes.

Cette addiction se soigne désormais comme une véritable maladie, des centres de désintoxication ayant notamment été créés en Chine et aux Etats-Unis.

.imgresLe Japon présente quant à lui plus de 500 000 japonais complétement addict, sous forme pathologique, ils ne peuvent de leur lever à leur coucher, se séparer de leur smartphone, leur tablette ou de leur ordinateur. Plus fort encore selon une enquête gouvernementale de 2013, 60 % des lycéens de l'archipel, plongés dans le monde numérique dès leur plus jeune âge, montraient des signes forts d'addiction au web, alors qu'au fil des ans, l'usage d'internet a explosé et les écrans se sont multipliés (téléphone, tablette...) !

Les adolescents présentent des formes de personnalités différentes selon qu’il soit sur le web ou dans la vie réelle.

Beaucoup de Japonais sont désormais plus à l'aise dans les communications sur internet que hors-écran. Combien d’entre eux sont introvertis dans la vie réelle et deviennent virevoltants sur le web. La vie réelle ne leur plait plus, ils se réalisent dans le virtuel.

imgres 1Que dire des « esprits plus faibles «  qui se prennent pour les héros pervers de jeux vidéos ? La sociabilité «électronique» n'équivaut en rien cependant aux interactions humaines de la vie réelle ! et c’est là tout le problème.

Les critères d’addiction sont nombreux et varient selon les théories. On retiendra le modèle du psychiatre américain Aviel Goodman:

–       Impossibilité de résister à l’impulsion d’utiliser son portable.

–       Diminution du temps passé avec les autres.

–       Augmentation de la fréquence de l’utilisation du mobile.

–       Tentatives répétées pour réduire ou contrôler le comportement.

On se souvient de cet Ado allemand dans une video sans trucage sur Youtube qui rentre dans une sorte de démence face à « son jeu » qui ne veut pas charger sur son ordinateur. ( Ici pour la visionner)

Ce problème grandissant inquiète les professionnels de santé, et pour cause. De telles pratiques auraient un impact neurologique comparable à ce que provoque la dépendance à l'alcool et à la cocaïne, révèle une récente étude du centre de recherches sur la santé mentale de Shanghai, qui a analysé les données cérébrales de jeunes accros à internet.

Les cures de désintoxication au web vont devenir légion. Les patients concernés vont subir des programmes calibrés de «détox numérique». Les patients seront notamment invités à tenir un journal «pour réaliser à quel point ils sont entièrement soumis à leur téléphone et à leur connexion web».

Plus on avance, plus l’offre se spécialise et parfois les cures de "digital detox" proposées par des hôteliers deviennent l’occasion d’offrir des séjours de luxe à prix prohibitifs.

L'imaginaire aujourd'hui fertile de la déconnexion se nourrit d'un fantasme de rupture avec notre quotidien non seulement professionnel, relationnel, ou organisationnel, mais plus fondamentalement avec le quotidien de nos gestes élémentaires.

On pourra s’interroger longuement sur les origines d’une telle dépendance. Une société de communication sans réelle communication, des structures familiales qui se déconstruisent, un gap entre les générations due aux nouvelles technologie, la facilité de tout trouver sur le web au lieu de chercher, de se poser, de réfléchir aux nuances. La peur de se trouver hors du système, l’angoisse tout simplement d’être hors de « son » circuit.

La présidente du Huffington Post, Arianna Huffington rappelait dans une interview la mésaventure qui lui était arrivée.

Exténuée de fatigue après avoir passée plusieurs dizaines d’heures sur le web, elle s’était effondrée sur son bureau et …..s’était fracturée la pommette droite.

Elle préconise aujourd’hui aux internautes des pauses, des coupures des appareils numériques au moins pour quelques heures dans la journée.

imagesEn l'espace d'une décennie, l'addiction aux nouvelles technologies a complètement changé de nature. Auparavant, elle touchait principalement les adeptes de jeux vidéo en ligne, aujourd’hui tout le monde peut être atteint et plus simplement les adolescents.Avant de régler ce que l’on croit être une dépendance au portable, il est nécessaire de chercher les souffrances qui se cachent derrière cet attachement excessif au portable, à l’aide d’un psychothérapeute.

Certains vous diront que les éditeurs de jeux poussent le bouchon et profitent de l’addiction pour offrir des nouveaux modèles économiques, généralement de deux types :
– Abonnement (World of Warcraft)
– PPA (pay per action). Ce modèle utilisé sur les sites de jeux online sur le principe du FreeMium* offrant -contre paiement- des actions ou crédits supplémentaires.

N’oublions pas que toute addiction à un moment ou un autre une frustration. Et la frustration peut faire de lourds dégâts surtout chez des adolescents ou post adolescents pas bien « préparés ». Le souci c’est qu’on peut assez aisément découvrir un addict de l’alcool ou de la drogue, la chose est bien moins facile lorsqu’il s’agit du virtuel.