Le parcours des Bleus : vague d'euphorie

Au lendemain de la victoire des Bleus sur la Suisse (5 à 2 s’il vous plait) les médias sont dans l’euphorie. De partout, les sourirs s’affichent sur les lèvres, l’ambiance est décontractée et en ce premier jour d’été tout est beau.

Oui, en France (comme ailleurs ceci dit), il y a un effet coupe du monde sur le peuple. Et en ces temps plutôt difficiles, il serait dommage de s’en priver.

Mais au-delà de l’engouement du peuple pour l’équipe nationale et son, jusqu’à présent, séduisant parcours, cela peut-il profiter au gouvernement?

Nous voyons souvent des politiques s’afficher dans les stades, supportant leur équipe, feignant de se soucier de ces joueurs alors qu’ils ne connaissent parfois même pas leurs noms ou pire, les règles du jeu. Y aurait-il un effet coupe du monde pour eux aussi, leur permettant d’améliorer leur image?

Si l’on s’en réfère à la coupe du monde 98 et la victoire finale des Bleus (référence absolue en matière de parcours de l’équipe de France) il faut le croire. A l’époque Jacques Chirac et Lionel Jospin firent irruption dans le vestiaire de l’équipe de France et suivirent les matchs tels de vrais aficionados. Et qu’est-il arrivé à leur image? Ils ont respectivement pris 13 et 11 points de confiance entre mai et août 1998.

François Hollande peut-il en espérer autant? Rien n’est moins sûr. En effet, en 1998, cette vague fut de courte durée puisqu’entre août et octobre 1998, Jacques Chirac et Lionel Jospin avaient (respectivement encore) perdu 7 et 11 points. Et le contexte économique était favorable. Au final, si l’on regarde les effets du parcours des Bleus sur le moral des français, ils sont toujours rapidement annulés et jamais aussi fort qu’en 1998.

 21juin un

Le parcours de la France ne pourrait pas être une bouffée d’air durable pour le gouvernement, ni même une bouée de sauvetage pour « l’homme à la mer » qu’il est devenu. Ce ne seront que des effets marginaux. De plus, dans le contexte économique et social tendu que traverse la France, il serait risqué voir suicidaire politiquement parlant, de voir notre Président se soucier plus du football que de redresser le pays. Surtout si on le voit parader au Brésil aux frais des citoyens. Un bon moyen d’améliorer encore un peu son record d’impopularité.

Manuel Orengo

manu@kazeco.com

Sport Eco - kazeco.com