Le fondateur de MegaUpload promet 5 millions de dollars à …

Kim Dotcom, Kim Schmitz de son vrai nom, fondateur de MegaUpload continue son bras de fer avec les autorités américaines qui demandent déjà depuis plus de deux ans son extradition depuis la Nouvelle-Zélande. La justice américaine reproche en effet à l’homme d’affaires, magnat d’Internet, d’avoir mis en ligne jusqu’en janvier 2012, la plateforme de téléchargement de vidéos la plus consultée du web. Des millions de contenus ont ainsi pu être échangés en Peer-to-Peer (fichiers mis en ligne et téléchargés par des internautes) et enfreindre selon Washington la législation en vigueur sur les droits d’auteur.

kim dotcom3Arrêté, puis relâché par les autorités néo-zélandaises, vivant en liberté surveillée dans son manoir, Kim Dotcom bénéficie depuis deux ans d’un refus de statuer quant à son extradition vers les Etats-Unis et profite du temps gagné pour lancer sa contre-attaque. Le 10 juin 2014, en effet, Kim Dotcom annonce via tweeter, que quiconque serait en mesure de lui apporter des informations concernant des vices de procédures menés à son encontre recevrait une prime de 5 millions de dollars.

Il a aussi déclaré sur le site Torrentfreak.com :

'We are asking for information that proves unlawful or corrupt conduct by the US government, the New Zealand government, spy agencies, law enforcement and Hollywood'

« Nous recherchons toute information prouvant clairement que le gouvernement des Etats-Unis, le gouvernement de Nouvelle-Zelande, les services de renseignements, les forces de polices et Hollywood ont agi de manière illégale ou corrompue. »

Une contre-attaque dans l’air du temps depuis les affaires Wikileaks et Snowden. Les ingénieurs informatiques travaillant pour le compte des grandes agences de renseignements et les pirates spécialisés dans le vol de données sont bien sûr visés par l’annonce, mais celle-ci ne semble pas s’arrêter à eux.

Dans de nombreuses vidéos et communiqués, Kim Dotcom a accusé la justice américaine de corruption et dénoncé la collusion existant entre Hollywood cherchant à protéger ses droits d’auteur et les politiciens américains qui favoriseraient l’industrie du cinéma en échange d’un appui significatif lors des campagnes électorales.

kim dotcom6L’industrie du cinéma, comme autrefois l’industrie du disque, a en effet à fort à perdre dans la bataille du téléchargement sur Internet. Droits d’auteurs contre droit à la libre expression, Kim Dotcom se fait aujourd’hui chantre des droits civiques et à même crée le 27 mars dernier son propre Parti de l’Internet, en Nouvelle-Zelande.

Ces initiatives médiatiques et la chasse à l’information lancée le 10 juin dernier sont les dernières lignes de défense imaginées par le géant de l’Internet, mais cela n’empêche pas pour autant les autorités américaines de toujours lui réclamer la somme de 175 millions de dollars pour infractions et manœuvres frauduleuses allant à l’encontre de la législation américaine sur les droits d’auteur. Sa fortune personnelle s’élèverait aux alentours de 200 millions de dollars.

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Kim Dotcom encourt également jusqu’à 20 ans de prison, mais ne semble pas avoir dit son dernier mot et étoffe son plan de communication, à défaut de pouvoir pour l’instant en faire de même avec son dossier judiciaire.

 

David Dayan

david@kazeco.com