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16 septembre 1908 : Création de General Motors

Le 16 septembre 1908, William Crapo Durant (1861 – 1947) fonde General Motors et s’apprête à lancer un des plus grands empires industriels que les Etats-Unis aient jamais connu.

Quelques années plus tôt, il avait déjà acquis une certaine expérience en devenant l’un des principaux fabricants de voitures hippomobiles de son Michigan natale et observé avec attention les débuts de l’industrie automobile américaine. Plutôt que s’accrocher à son activité initiale et aux voitures hippomobiles qui ont fait sa fortune et sa renommée, William C. Durant reste attentif aux innovations du marché et les premiers projets de lois du début du siècle, visant à légiférer sur les voitures motorisées, finissent de le convaincre de l’inévitable décollage du secteur automobile.

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William C. Durant (1861-1947)
 

Sans expériences en ingénierie, il se tourne vers Buick et y fait connaître ses talents de vendeurs au point d’en devenir le directeur général en 1904. Manufacturier expérimenté, il fait appliquer les méthodes de production qui ont déjà fait son succès et fait passer la production annuelle de véhicules de 37 à 8000 unités en seulement trois ans. Quatre années plus tard, William C. Durant fort de ses expériences et des capitaux engrangés par ses activités lance sa propre compagnie, la General Motors.

Doté d’une véritable vision de marché et doté d’une réelle capacité à trouver des financements[1], William C. Durant mise sur une stratégie multimarque qui selon lui et plus propice à la vente de voitures que la commercialisation sous nom unique. L’achat de Cadillac et d’Oakland dès 1909 et un partenariat essentiel avec Buick ne seront que les premières étapes de l’œuvre de Durant, qui consolidera sous le nom de la General Motors Company Holding et de son siège à Detroit, un empire de 13 fabricants d’automobiles et de 10 sous-traitants en accessoires et pièces détachées.

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Oakland 8 Roadster de 1930
 

Face à un Henry Ford et son célèbre « les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur pour la Ford T du moment que c’est du noir », illustrant à merveille le concept de production de masse, William C. Durant oppose la variété de sa production et de sa gamme de prix. Ce n'est finalement qu’à partir du début des années 1930 que la stratégie multimarque et l’ouverture à l’international de General Motors (acquisition du constructeur allemand Opel en 1930) seront finalement payants. La compagnie passe alors devant Ford en termes de véhicules écoulés et devient pour la première fois la première compagnie automobile mondiale.

Contribution à l’effort de guerre dans les années 1940, bénéfice du Federal Highway Act de 1956[2], « boom » de la consommation et du crédit des années 1960, chocs pétroliers de 1973 et de 1979, concurrence des véhicules japonais et allemands au milieu des années 1980, rythmeront la vie d’une firme qui s’impose a posteriori comme le plus grand constructeur automobile américain du XXème siècle.

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Renaissance Building, siège de General Motors à Detroit
 

Mais ce sont en fait les années 2000 qui exposeront véritablement la santé financière et industrielle du groupe. De 2000 à 2009, les ventes annuelles de véhicules de la firme passent de 5 à 2 millions d’exemplaires, ses effectifs sont réduits d’un tiers et ses choix stratégiques (comme par exemple, la production de plusieurs modèles de 4x4) sont boudés par les consommateurs. Corrélativement à la contraction du marché automobile américain, General Motors refuse l’augmentation de capital, réduit ses investissements et suit une politique actionnariale de versements de dividendes sans véritable vision à long terme. Le groupe emblématique de Detroit ne s’en sort finalement qu’après son placement sous la protection de la loi américaine sur les faillites, les perfusions financières de l’Etat américain qui devient l’actionnaire majoritaire du groupe et un plan de restructuration draconien.

16 septembre 1908 gm3Revenu en bourse en 2010 et sorti de sa période de « nationalisation temporaire »[3], General Motors avec à sa tête Mary Barra, mise desormais sur de nouvelles gammes et renoue notamment avec le développement de voitures électriques. De bonnes intentions à tenir fermes, alors que la compagnie doit aujourd’hui faire face à un gigantesque plan de rappel de véhicules défectueux[4].

Derrière Toyota (plus de 10 millions de véhicules vendus) et Volkswagen (9,73 millions), GM (9,71 millions) talonne encore en 2013 le classement des plus grands constructeurs mondiaux en occupant la troisième place du podium.

 

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[1] Ses financiers ne le laisseront pas tranquille pour autant et remettront souvent son contrôle politique de la société en question.

[2] Loi promulguée par le président Einsenhower afin de promouvoir la réalisation d’un réseau autoroutier couvrant l’ensemble des 48 Etats américains contigus.

[3] En décembre 2013, l’administration Obama a annoncé avoir revendu l’ensemble de ses parts de GM et en avoir ainsi fini avec son plan de sauvetage de l’industrie automobile américaine débuté en 2009.

[4] Depuis février 2014, GM doit faire face au rappel de 2,6 millions de véhicules défectueux.