L'analyse des résultats du 1er trimestre 2014

Sans grande surprise, les publications des sociétés américaines ont accouché de résultats le plus souvent au-dessus des attentes. Attendus en recul de 0,2% sur un an, avant la publication d’Alcoa, finalement, les bénéfices par action (EPS) ont progressé de plus de 4,5% aux Etats-Unis. En Europe, la saison des earnings n’est pas terminée et semble plus mitigée. Toutefois, les attentes sur le second trimestre restent stables. Ainsi, globalement, le PER moyen de la bourse est-il resté stable ces dernières semaines. Il a même légèrement sur l’indice S&P 500. Face à un discours toujours très accommodant des banquiers centraux, permettant d’anticiper des taux longs durablement très bas, les principaux indices boursiers ont-ils encore un potentiel de hausse importante ? Une chose est certaine, ces publications ne militent pas pour un recul des indices, mais le discours des entreprises, encore très prudents, ne sera pas suffisant pour donner aux indices une dynamique haussière importante. Une fois de plus, les indicateurs macroéconomiques devrait être au centre des mouvements des indices.

article du 13 05 2014

Les indices boursiers ont-ils encore un potentiel de hausse d’ici la fin du mois, ou, comme le dit le dicton boursier, faut-il vendre les actions  bourse en ce mois de mai ? Le discours des entreprises sont loin d’être euphoriques durant les conference call. Les sociétés publient des résultats de qualité, mais elles offrent rarement des perspectives de forte croissance organique du chiffre d’affaires dans les prochains mois.

Toutefois, si l’on examine le consensus des EPS au niveau des entreprises américaines, les dernières publications sont loin d’être négatives. Sur un an les EPS affiche une progression de 4,5% (contre -0,2% attendu avant le début des publications). Alors que 88% des sociétés de l’indice S&P 500 ont publié leurs résultats, 77% sont au-dessus des attentes des analystes sur les EPS et 58% sur le chiffre d’affaires. Ces « bons résultats » sur le premier trimestre permettent une révision à la hausse des EPS sur l’ensemble de l’année 2014. D’ailleurs, le PER 2014 de la bourse américaine a très légèrement reculé durant ces publications perdant 0,1 point, à 16,0. Ces publications n’offrent pas forcément une « nouvelle dynamique » haussière mais limite clairement le potentiel de baisse des indices américains.

Toutefois, malgré cette révision à la hausse des résultats du premier trimestre, les attentes sur les EPS du second trimestre sont stables sur l’indice S&P 500. Cette stabilité du consensus traduit deux éléments selon nous : 1) un discours des entreprises encore très prudents. Les guidances sont généralement inchangées et les chefs d’entreprises n’ont pas un discours euphorique. Ils soulignent les incertitudes sur la croissance dans les pays émergents. Certes, la reprise de l’activité est visible en Europe et l’économie américaine devrait rebondir. Mais le consensus des analystes intégrait déjà largement cette amélioration sur le second trimestre. De plus, le rebond « technique » des EPS sur le second trimestre sera plus faible qu’attendu. Rappelons qu’en glissement sur un an, avant le début de la publication des résultats des sociétés du premier trimestre, les EPS étaient attendu en recul de 0,2% au premier trimestre, puis en hausse de 9,0% au second trimestre. Le premier trimestre est meilleur qu’attendu, mais les attentes sur les EPS du second trimestre n’ont pas été révisé à la hausse. Le rebond, le scénario en « V » est donc nettement moins marqué qu’attendu.

Ainsi, au final, à la fin de ces publications de résultats des entreprises, il est difficile d’être très négatif sur l’indice S&P 500. Le discours de Mme Yellen reste accommodant et la présidente de la Fed, la semaine dernière, a évité soigneusement de parler de timing de hausse des taux directeurs. Le tapering devrait se poursuivre. A horizon des 3 ou 6 prochains mois, le risque « politique monétaire » est faible pour le marché actions. La banque centrale va encore offrir une forte visibilité aux investisseurs et le potentiel de hausse des taux longs reste limité. Pas de mauvaise surprise sur les résultats des entreprises, des taux longs bas, difficile d’anticiper une violente correction de Wall Street. Certes, le marché, avec un PER 2014 à 16,0, offre une valorisation correcte et les indices boursiers sont sur des plus hauts historiques. Une hausse modérée semble plus probable qu’une réelle baisse.

article du 13 05 2014 bis

La faiblesse des marchés actions peut-elle venir de la bourse européenne ? Certes, en relatif, par rapport à la bourse américaine, la valorisation du marché actions européens est nettement plus faible. Le PER 2014 est de 14,3 et les investisseurs internationaux pourrait investir sur l’Europe pour deux raisons : 1) face à un marché américain cher et à une incertitude importante sur les économies émergents, les entreprises européennes offrent un couple rendement risque attrayant, 2) la BCE veux clairement soutenir la croissance européenne par une politique plus accommodante. Face au statu quo de la Fed, la BCE peut potentiellement prendre de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif.

Il existe toutefois deux freins à la hausse de la bourse européenne. Primo, les premières publications de sociétés sont plus mitigées qu’aux Etats-Unis. Certes, seules 47% des sociétés de l’EuroStoxx ont annoncé leurs résultats. Mais 53% d’entre elles seulement ont battu le consensus sur les EPS et 38% sur le chiffre d’affaires. Les révisions des attentes du consensus sur le premier trimestre sont encore à la baisse après ces premières publications. L’autre élément négatif est le risque géopolitique. L’Europe est nettement plus exposée à la Russie/Ukraine que les Etats-Unis. Certes, comme l’a confirmé M. Draghi, au travers de M3, l’Europe profite des flux de capitaux quittant les pays de l’Est à court terme. Mais, sur les perspectives de croissance des pays de l’Est et à terme sur l’Europe, cette crise géopolitique est négative. Il existe une « décote » de l’Europe par rapport aux Etats-Unis, mais il est difficile d’envisager un « rattrapage » dans les prochains mois au regard de ces incertitudes et fondamentaux.