L'Eco de la nouvelle économie

La High-Tech française se porte-t-elle bien?

Avant de proposer une réponse, faisons un petit traveling arrière.

Entre 2005 et 2009, les entreprises de la High Tech française anticipent les bouleversements de la 3eme Révolution industrielle. De nombreux projets voient le jour, les entrepreneurs sont très présents mais trouvent difficilement les moyens de leur expansion et surtout peu de financement et de relais. Surtout, les capitaux-risqueurs, après le « Love Money » sont le plus souvent l’apanage de fonds étrangers, américains et britanniques en particulier. Le fond Partech a notamment joué un rôle prépondérant d’impulsion en France avec de nombreux tickets d’investissement compris entre 1 et 10 millions d’euros. Pourtant, les sociétés de la High Tech ont du mal à développer leurs idées et la plupart des entrepreneurs s’expatrient ne trouvant pas ou peu d’échos à leur «génie». Le Figaro titrait même en 2009 : les Français ont il renoncé à l’esprit d’entreprise ? 

Il faudra attendre l’année 2012 pour entrevoir une vraie impulsion de la part de pouvoirs publics poussé par le mouvement de contestation des « Pigeons ». L’appui pour la High Tech s’en trouve renforcé et mieux organisé.

En 2014 où en est on ?

Tout n’est pas parfait, loin de là, les délais d’obtention de financements, de subventions sont encore longs et les financements difficiles a obtenir. Les jeunes entreprises évoluent dans des conditions d’incertitude importantes, notamment, les phases de lancement et de commercialisation semblent être un point crucial de la vie d’une start-up, et les relais ne sont pas encore huilés. Néanmoins, les initiatives telles que la French Tech, l’accompagnement des start up sur des salons majeurs (Las Vegas « CES », Tokyo) sont des preuves de bonne volonté et assurent des relais de communication significatifs.

Les entrepreneurs trouvent dans cette phase transitoire des outils et des interlocuteurs beaucoup plus investis et plus compétents, la machine est encore lourde mais va tendre à s’améliorer si le mouvement continue de s’intensifier grâce à des organisations comme la BPI ou UBIFRANCE. En revanche, des acteurs qui avaient anticipé ce nouvel eldorado technologiques ne sont pas encore assez écoutés ou recherchés par les pouvoirs publics (Fred Cavazza par exemple)

En définitive, la France a-t-elle de vrais atouts à faire valoir dans ce nouveau monde ultra connecté ?

Dans les objets connectés, le Big Data, la Silver Economie, la e-éducation, la réponse est affirmative et d’ailleurs ce sont  des thèmes qui font partie  des 34 priorités de la nouvelle France industrielle (voir schéma ci-dessous).

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Les produits connectés seront bientôt incontournables. Cisco estime le marché à plusieurs centaines de milliards d’euros d’ici 2020 et surtout voit 50 milliards d’objets connectés ! Ces objets ont déjà commencé à envahir les rayons des magasins spécialisés ou les boutiques de téléphonie. Mais derrière les objets connectés, plusieurs secteurs de l’industrie sont également concernés et peuvent accompagner le processus de ré industrialisation tant désiré depuis des années. Sans parler des installations web et de téléphonie …Quel potentiel !

kazeco silver connectéeLa Silver Economie (l’économie autour et pour les personnes agées) est à mon avis le second secteur où la France a le plus de potentialités et d’ailleurs les pouvoirs publics ne s’y trompent avec le récent voyage d’entrepreneurs effectué au Japon sur ce thème. Plusieurs facteurs expliquent cette perspective optimiste. La France possède d’abord des atouts incontestés dans le domaine de la Médecine et des laboratoires pharmaceutiques.

Ensuite, il existe un savoir-faire dans les maisons de retraites et un puissant réseau d’aide à la personne

Des acteurs de la nouvelle économie qui très vite se  sont intéressés à ce pan de l’économie ont donc imaginé et développé un écosystème important et original.

Des sociétés comme  Enovacom, Spikenet Technology et Video Stitch, Withings, Mensia Technologies, RB3D, Cityzen Corp seront elles des leaders sur le marché de la Silver économie de demain ? Elles en ont en tous les cas toutes le potentiel.

kazeco luxe connecteEnfin, les acteurs du « Luxe » et de la « Cuisine » incontournables du savoir faire français expérimentent différents scenarii sur le web, sur les applications et aussi en se servant également de l’apport des objets connectés. Il est certain que là aussi une nouveau mode de pensée va entrainer des changements profonds. Le tranoï, les différents salons comme Moda Operandi ou MYbeautifulDressing.com sont des modèles qui se cherchent mais qui trouveront bientôt les moyens de « connecter » la High Tech avec leur secteur.

En définitive, oui la High-Tech à la Française a largement sa place dans l’économie interconnectée de demain.

David Gurn

davigurn@gmail.com