Il avait toujours un ticket...

Giacomo Casanova (1725-1798) a cumulé les casquettes tout au long de sa vie. Tour à tour, séducteur, écrivain, diplomate, escroc, mais aussi financier, il écume les villes d’Europe en recherches d’aventures.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Casanova renseigné sur les besoins de financement du Roi soutient le projet d’une loterie nationale afin d’y contribuer. Le projet n’est pas saugrenu et tire un certain crédit de réussites antérieures notamment au sein de la péninsule italienne. A Gênes, on pariait déjà depuis longtemps sur les noms des futurs gouverneurs de la ville. La loterie génoise ou lotto a par la suite évolué et s’est répandue dans les grandes villes italiennes (à Naples en 1712, à Venise en 1715, à Rome en 1731).

11 il avait toujours un ticket1A Paris, le 18 avril 1758, suite à un arrêt pris en Conseil du Roi l’année précédente, un premier tirage a lieu afin de financer l’Ecole militaire et la formation de 500 gentilshommes. Avec 2 millions de francs de paris pour un gain de 600 000, c’est une réussite. Les tirages se succèdent dans les bureaux de recettes de la ville et de ses faubourgs. Casanova reçoit la charge de six bureaux, en revend cinq, prend le produit de la vente (10 000 francs) et en conserve un à partir duquel il réalise de jolis bénéfices. Tous les tirages ne seront pas aussi lucratifs pour l’aventurier italien, mais ils lui permettront de s’assurer le train de vie fastueux auquel il a toujours aspiré – pendant un temps, au moins. Les finances royales quant à elles, sont définitivement séduites par l’initiative.

 

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Face au succès rencontré, cette loterie deviendra même par la suite la Loterie Royale de France en 1776 et entérinera pour de bon le mariage entre l’Etat et les jeux d’argent, union encore pérenne de nos jours.

 

David Dayan

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