Facebook is watching you !

La firme de Menlo Park a affirmé avoir conduit une expérience sur près de 689.003 utilisateurs du réseau social. Menée pendant une semaine du 11 au 18 janvier 2012, celle-ci avait pour but d’analyser le moral des utilisateurs en fonction des informations postées sur leur fil d’actualité. Le résultat de l’expérience fut assez claire : les informations positives et négatives postées par les superviseurs de l’expérience influencent le moral des membres du réseau social. Des modifications significatives des « statuts » des utilisateurs, exprimant généralement leur humeur du jour, témoignent de manière très concrète de ces résultats. Mais c’est aussi l’importance de la cohorte utilisée qui confère une certaine légitimité aux résultats de l’étude. Qui mieux que Facebook aurait pu fournir un tel échantillon de personnes au travers du globe ?

Les auteurs de la recherche, Adam Kramer, Jamie Guillory et Jeff Hancock qui en ont publié les résultats dans la revue scientifique PNAS le 17 juin dernier, en déduisent même un principe de contagion émotionnel, efficient sans contact verbal ou présence physique. Nous serions donc affecté en profondeur par les messages que nous voyons, mais aussi par le ressenti de notre cercle d’amis.

En dehors des résultats de la recherche, une polémique se fait entendre. La question touche en effet à l’éthique. L’expérience n’a à aucun moment fait l’objet d’une acceptation de la part des utilisateurs du réseau social. Il faut dire aussi, qu’en s’inscrivant sur Facebook et en acceptant les Conditions Générales d’Utilisations et les différentes politiques de confidentialité et de protections des données personnelles y attenantes, l’Utilisateur du réseau social donne un blanc seing aux administrateurs du site. Facebook peut ainsi modifier à tout moment les conditions d’administration du site, tout en restant dans les limites du cadre légal. D’ailleurs, beaucoup de choses ont changé sur le réseau social depuis sa création et les utilisateurs n’ont jamais vraiment eu leur mot à dire.

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Isabel Hernandez, porte-parole de Facebook, défend l’expérience menée en rappelant qu’elle vise l’amélioration des services du site et "qu’elle ne s’est orientée à aucun moment sur un utilisateur en particulier", évitant ainsi de parler de la nécessité éventuelle de tout consentement préalable des utilisateurs à une telle expérimentation. Une défense certes assez pauvre, mais qui ne nécessite pas non plus d’être renforcée. Facebook, à l’instar des autres réseaux sociaux mise sur la Data Science et change de politique interne à son gré.

Sans intervention des pouvoirs publics à l’égard de ses pratiques, fort est à parier qu’elles ne risquent pas de s’arrêter là.

 

David Dayan

david@kazeco.com