L'Eco de la nouvelle économie

Dans la nouvelle économie, les meilleurs Marques et Algorithmes seront capables de « frapper la Monnaie »

Les banques centrales des différents pays abreuvent l’économie de papier monnaie. Or, le système fiduciaire de la monnaie est basé sur la confiance. Dés lors, si la monnaie fiduciaire (le papier monnaie) perd de sa « valeur » auprès des utilisateurs, ces derniers pourront se tourner soit vers l’or soit vers de nouvelles monnaies encore plus immatérielles. Les différentes crises et une politique monétaire, qui fait tourner la planche à billets, accentuent le scepticisme envers le système monétaire traditionnel. Dans le même temps, les nouvelles générations unknown 1sont de moins en moins exposées à la monnaie papier. Ainsi, même si les monnaies exposées ici échouent, l’idée d’une monnaie qui ne soit pas contrôlée par les banques centrales prendra sa place. Sur ce point, le «Bitcoin» par exemple est déjà victorieux.
Cette affirmation, en guise d’introduction de notre article, est surprenante de prime abord, mais la suite révèle des arguments précis :
 
Le contexte :
1- Nous rappelions dans un précédent article que la Marque Apple (et rien que la marque) était évaluée à 130 milliards de $. Cela correspond à la capitalisation boursière de Total ! La marque Apple était suivie de Google à 110 milliards de $, puis de Coca Cola avec 85 milliards. A noter que sur les 15 premières marques mondiales, 11 sont américaines, 2 allemandes, 1 japonaise, 1 sud coréenne.
 
2- A chaque fois dans l’histoire économique, que les gouvernements perdaient de la souveraineté économique, les acteurs économiques augmentent quant à eux le «commerce de la monnaie ».
Aux Etats-Unis par exemple en 1860, il y avait 8 000 différents types de billets en circulation, émises par 1600 sociétés. Le gouvernement était responsable de seulement 4% de la masse monétaire. Les dirigeants à Washington ont demandé plus de contrôle après la guerre de sécession.
Réduite à son essence de base, l'argent est tout simplement l'expression d'une valeur convenue. Or, grâce à la technologie, il est maintenant possible de quantifier la valeur de multiples façons, qui à son tour rend plus facile de créer de nouvelles formes valides de la monnaie. Les marques sont susceptibles de créer leur forme de monnaie, choisis par les consommateurs captifs de la marque. D’ailleurs, chez les jeunes américains, la notion de "l'argent" est déjà très floue. Pour eux, il y a très peu de différence entre le dollar et des pièces d'or dans les jeux vidéo !
 
3- et pour couronner le tout et de manière surprenante, quelque 36% des Américains de 18 à 29 ans n’ont jamais possédé une carte de crédit en leur nom. En revanche, ils ont tous possédé un ou des comptes virtuels dans différents jeux vidéos ou sur Facebook ou encore Amazon (Facebook coins, Amazon coins etc..)
Certaines marques sont si fortes qu’elles deviennent directement une monnaie d’échange comme dans le troc.
Ainsi la marque de lessive Tide (réputée et elle coûte chère) aux Etats Unis est  entourée de cadenas car elle est devenue une monnaie d’échange pour obtenir de la drogue !
A noter et c’est intéressant ; en France, 47% des Français craignent que leur banque ne fasse faillite (sondage du 15 avril dernier)
 
Qu’est ce qu’ont mis en place les acteurs du marché ?
 
imagesIl existe bien sur PayPal, qui vient d’annoncer le paiement par empreinte digitale. Mais ce moyen de paiement pourrait paradoxalement apparaître comme l’acteur « traditionnel » du marché dans les années à venir, d’où sa volonté d’aller plus vite et donc l’une des explications du spin off annoncée en fin d’année avec Ebay. Pour rappel, PayPal a été créée en 1998 par la fusion de deux start-ups nommées Confinity et X.com.  PayPal a été rachetée en 2002 par la société eBay pour 1,5 milliard $, notamment parce qu’environ la moitié des transactions ebay passaient par le système PayPal. En 2015 Ebay se sépare (spin off) de PayPal, pour ne pas perdre de terrain sur la notion du « paiement friendly », autrement dit pour ne pas paraître « has been » par rapport aux offres du marché.
La piste du paiement en ligne est souvent évoquée comme piste de monétisation pour Facebook. Le site dispose en effet d’une base de clients potentiels gigantesque avec ses 1,3 milliards d’utilisateurs, mais c’est aussi vrai pour Amazon, Apple et bien sur Alibaba! Facebook devrait choisir très prochainement la fonctionnalité de paiement entre amis via Messsenger Avec ce système, transférer de l’argent à un autre utilisateur deviendrait aussi simple qu’envoyer une photo. Il suffirait de sélectionner un utilisateur, d’entrer ses identifiants bancaires et l’opération se  ferait très simplement. Pour Facebook, le paiement via Messenger est stratégiquement très important.
Apple Wallet et Google Wallet ne sont d’ailleurs pas en reste, les tests se succèdent et les stratégies de lancement s’aiguisent pour savoir qui lancera le premier son outil. Apple a d’ailleurs déposé un brevet combinant monnaie virtuelle et portefeuille électronique.
L'AmazonCoin : si certaines grandes enseignes réfléchissent à adopter le Bitcoin, le mastodonte américain de l’e-commerce a créé sa propre devise. Celle-ci est utilisable sur les applications, les jeux, et les achats in-app effectués depuis les Kindle Fire, les téléphones ou tablettes Android, et ce depuis l’Amazon Appstore. Pour booster son adoption, la firme de Jeff Bezos propose même des réductions de 10% sur certains achats. De quoi diminuer sa dépendance à Visa et Mastercard, et leurs commissions.
Mais d’autres acteurs sont aussi présents. Ainsi, il n’est pas rare aux Etats unis, de voir les clients payer leur café avec des Starbucks Coins, de même chez Mc Donalds …
 
Les Coins

Le Bitcoin est la monnaie virtuelle la plus connue et celle qui fait parler le plus d’elle. Le Bitcoin est en permanence au cœur de l’actualité en matière des monnaies virtuelles. Fondée par le mystérieux Satoshi Nakamoto, qui est à l’origine du protocole Internet, elle séduit un public de plus en plus large au point que certains commerçants comme eBay veulent l’inclure dans leurs moyens de paiements.  En avril, c’était au tour de Monoprix d’annoncer vouloir adopter la devise dès la fin de l’année.
Quand le Bitcoin est il né ?
unknownLa première crypto-monnaie est créee en 2009 par un développeur (ou un groupe de développeurs) de logiciel utilisant le pseudonyme de Satoshi Nakamoto et utilisant l'algorithme SHA-256 comme système de travail. La monnaie s’est développée au départ dans des milieux Geeks Il faut attendre 2010 pour que Bitcoin fasse sa première apparition médiatique lorsque WikiLeaks l’utilise pour contourner le blocage de ses dons par des institutions bancaires suite au scandale du “Cablegate” (la publication de messages diplomatiques américains ultra confidentiels par le site de Julian Assange).
On dit aussi que La puissance de calcul du réseau Bitcoin est 7468 fois plus élevé que celui 500 supercalculateurs cumulés.
Le Bitcoin draine avec lui une série d’anecdotes qui nourrissent la naissance d’une nouvelle monnaie pour les uns ou une légende suicidaire et incompréhensible pour les autres.
Ainsi, si en 2009 vous aviez acheté pour 500 $ de Bitcoin (qui valaient 0,00076 $), vous auriez aujourd’hui une fortune accumulée de 100 millions de $ environ.(cours du Bitcoin environ 210 $ au 16 avril).
Ou encore, ce programmeur gallois fou de rage d’avoir jeté son disque dur et ses Bitcoins, 3 ans auparavant et cherchant éperdument à reftrouver ce disque dur unknown 2dans les décharges publiques. Il avait perdu l’équivalent de 7 millions de $...
Il n’est plus rare aux Etats Unis que certains Hedge Funds investissent un % compris entre 1 et 5 % dans les nouvelles monnaies, évaluant eux mêmes leur chance de succès à moins de 50 %.
La plus connue des monnaies alternatives au Bitcoin se nomme litecoin. Elle a été créée en novembre 2011 pour répondre à certaines lacunes perçues dans le protocole Bitcoin. Aujourd’hui, lancer sa monnaie virtuelle est à la portée de n’importe quel internaute (le Bitcoin est en Open Source). Même si vous n’avez pas fait HTML deuxième langue au lycée, des plates-formes comme Coingen vous permettent de créer votre devise en deux minutes chrono.
Le Bitcoin peut aussi servir à acheter tout un tas de produits sur des sites acceptant ces devises (répertoriés sur coinmap.org). Il suffit pour cela de convertir ses euros en BTC sur une des places de marché existantes comme l’Européenne Bitcoin Central. L’échange de bitcoins se fait entre deux portefeuilles numériques, à l’aide de clés privés (pour payer) et publiques (pour effectuer un dépôt) qui permettent l’anonymat, sans organisme central gérant le réseau, sur le mode, donc, du peer-to-peer.
Cependant, on estime que sur la dizaine de millions de Bitcoins existants, 80 % ne sont pas en circulation.
Il existe aussi le Peercoin, le Namecoin… Plusieurs autres crypto-monnaies ont été créées, toutes n'ont pas connu le succès, notamment celles apportant peu d'innovation, notamment technologique ! Durant les premières années d'existence, les crypto-monnaies ont gagné peu à peu l'attention des média et du public. Depuis 2011, l'intérêt a rapidement augmenté, notamment durant la rapide montée du cours du Bitcoin en avril 2013.
On cietra aussi:
- Dogecoin : créée par Billy Marker, un ancien d’IBM, en décembre 2013, cette monnaie prend un chien comme mascotte, le dogecoin est une monnaie décentralisée, open source et dont les échanges s’effectuent peer to peer.
- Fastcoin : open source, cette monnaie virtuelle se présente comme l’une des plus rapides. D’où un guépard en guise d’effigie. Le site Internet est hébergé à Toronto, au Canada, mais l’équipe de développement, composé de 10 personnes, se trouve aux quatre coins du monde.
- Coinye West ou Beyonce Coin: si vous êtes fan du rappeur américain Kanye West, ou de la chanteuse, voici 2 monnaies virtuelles, qui prouvent que les coinye west2 tt width 604 height 400 bgcolor 000000artistes-stras sont des marques pour ceux qui auraient besoin de preuve. Outre le jeu de mots, la devise était à l’effigie du rappeur. Une initiative que ne lui avait visiblement pas plu puisque celui-ci a engagé une procédure judiciaire. Le projet a depuis été abandonné.
- Peercoin : « grâce à un algorithme innovant de création de monnaie, le réseau Peercoin consomme bien moins d’énergie, maintient une meilleure sécurité, et récompense les utilisateurs d’une manière plus durable que les autres crypto-monnaies » selon le site Internet de la monnaie. Cette solution existe depuis 2004. Il s'agit de la solution de paiement sur le site d'enchères en ligne Taobao, du même groupe. Elle compterait 800 millions d'utilisateurs.
 
Les banques pourront t’elles suivre ce mouvements ?
Plusieurs tentaives ont déjà échoué :
- Kwixo est une solution de paiement sécurisée lancée le 19 mai 2011 et développée par une filiale du Crédit agricole. Cette banque, ainsi que sa filiale LCL, utilise ce service qui permet de régler ses achats sur Internet et de transférer de l’argent entre particuliers. La solution est finalement un échec et est abandonnée en 2014.
Buyster, fondé en février 2011, est un établissement de paiement qui propose un service de paiement sur Internet dont la particularité est d’associer une carte bancaire à un téléphone mobile. Le service a été lancé en septembre 2011.
Au cours de l'assemblée générale de juin 2014, les actionnaires ont décidé de mettre fin à l'activité du service au dernier jour du mois. L'entreprise était détenue à parts égales par trois opérateurs de téléphonie (Bouygues Telecom, Orange, SFR) et la SSII Atos.
 
Alors que des échecs ?
 
 Une innovation intéressante proposée par S-money, filiale du groupe BPCE (Banque Populaire Caisses d’Épargne). S-money propose notamment une application qui permet de payer et recevoir de l’argent via son smartphone (limité à 250 euros pour le moment) Cette application s’adresse à tous les utilisateurs de Twitter, titulaires d’une carte bancaire et quelle que soit leur banque.
Les banques sont méfiantes quant à ces nouvelles monnaies, d’un point de vue réglementaire mais aussi parce que ces monnaies menacent leur hégémonie et pourtant nous ne sommes « qu’au début d’une nouvelle révolution monétaire
Dans les années à venir, on pourra ainsi faire ses courses et payer grâce à une application Bitcoin installée sur son smartphone. En Afrique de l’Ouest, c’est déjà le cas. Dans cette région qui possède peu d’institutions bancaires, l’opérateur Orange est l’un des acteurs. L’opérateur a mis au point un moyen de paiement par téléphone mobile. Il compte aujourd’hui plus de 4 millions d’utilisateurs…
 
Monnaie du futur pour les uns, système de Ponzi (montage financier frauduleux) ou outil spéculatif pour les autres, le Bitcoin (et les autres monnaies 2.0) divise aujourd’hui les économistes. La devise 2.0 a connu plusieurs krachs après des envolées record où elle a dépassé la barre des 1 000 dollars. Au début du mois de décembre, la Banque de France a taillé le Bitcoin en pièces, mettant en garde contre les “dangers” de cette monnaie numérique qui “présente peu ou pas d’intérêt pour une utilisation par les acteurs économiques, au-delà des aspects marketing et publicitaires, tout en les exposant à des risques importants”. Le même jour, la banque centrale chinoise a interdit aux institutions financières du pays de l’utiliser. Mais d’un autre coté, Alibaba a crée sa propre monnaie Alipay Wallet, si ce n’est pas le Bitcoin ce sera une autre monnaie virtuelle et si ce n’est pas la monnaie virtuelle, ce sera la Monnaie des marques mondiales…et si ce n’est pas la Monnaie des marques mondiales, ce sera une forme de troc 2.0, car inéluctablement, le modèle de la monnaie fiduciaire est en pleine révolution.
 
David Gürn