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2 juillet 1997 : Début de la crise financière asiatique

A la fin des années 1980, les banques européennes et américaines investissent très fortement sur le marché action japonais. L’économie japonaise assume parfaitement alors sa position de leader technologique et la bourse de Tokyo devient même la première capitalisation mondiale devant New-York. Au début des années 1990, les bourses asiatiques profitent également de cet afflux massif de capitaux étrangers.

2 juillet 1997


Cependant, les économies asiatiques, qui connaissent des taux de croissance vertigineux, ne sont pas encore assez développées pour absorber des flux de capitaux aussi importants et finissent par souffrir d’une crise de surinvestissement. Les capacités de production nationales ne peuvent plus suivre le flux continu d’investissement provenant d’Europe et des Etats-Unis. Les investissements étrangers en direction des places financières d’Asie diminuent alors brutalement en l’espace de quelques mois. Les pays asiatiques qui avaient spéculé sur des projets de développement et d’expansion se retrouvent finalement sans les capitaux nécessaires pour les mener à bien et accumulent de la dette publique. Leur dernière solution réside alors dans la dévaluation de leurs monnaies nationales. Le 2 juillet 1997, les autorités thaïlandaises laissent flotter le Baht et abandonne de fait leur système de change à taux fixe, ne pouvant plus acheter de devises étrangères en vue de stabiliser la leur sur le marché des changes. La crise financière asiatique trouve alors sa sortie vers l’international et développe ses premiers réflexes épidémiques. De nombreux économistes considèrent la dévaluation du baht comme le point de départ de cette crise sans précédents sur les marchés asiatiques. Dans son ouvrage la Grande Désillusion (2002), le prix Nobel d’économie Joseph E. STIGLITZ reviendra d’ailleurs sur l’événement qu’il considère comme « le coup d’envoi de la crise économique la plus gigantesque depuis la Grande Dépression de 1929 ». 

De janvier à octobre 1997, la Malaisie, l’Indonésie et les Philippines se retrouvent dans la même situation que la Thaïlande, se voient obligées de dévaluer leurs monnaies respectives pour payer l’accroissement de leurs dettes publiques, et subissent alors de plein fouet l’effondrement de leurs capitalisations boursières.

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La Corée du Sud, Taïwan et Hong-Kong seront moins touchées du fait d’une solidité financière plus conséquente. La Chine qui a dévalué sa monnaie en 1994 évitera également la contagion.

Les grands pays émergents que sont la Russie, le Brésil, l’Argentine ou encore l’Inde ne l’éviteront pas et connaîtront des difficultés d’ampleur diverses. Le Krach russe de 1998 est d’ailleurs considéré à juste titre comme une réplique de la secousse que les marchés asiatiques ont connue en 1997.

Comme la plupart des grandes crises financières, celle-ci fut imprévisible pour de nombreux observateurs et institutions internationales. Ainsi, en mai 1997, un rapport officiel de la Banque Mondiale pouvait conclure sur la croissance « saine et forte » des pays d’Asie du Sud-Est.

La gestion des évènements par le Fonds Monétaire International (FMI) qui cherchait au plus fort de la crise à négocier des réformes structurelles avec certains pays touchés, au lieu d’injecter directement des flux massifs de capitaux afin de stopper l’hémorragie financière, a également fait l’objet de nombreuses critiques et manifestations.

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