Banca Rotta

Le mot banqueroute vient de l’italien « Banca rotta » et d’une sanction applicable aux intermédiaires défaillants. Dans l’Italie du Moyen-âge et du début de la Renaissance, les innovations bancaires connaissent un développement accru, en vue d’appuyer l’essor commercial des cités-états de la péninsule. Les lettres de change circulent, l’utilisation de l’escompte se généralise, les échanges de devises augmentent.

banca rotta

Dans de pareilles conditions, les intermédiaires affluent et disposent généralement un petit banc (« banca ») munis de tiroirs, aux abords des ports de commerce. C’est sur la banca que se négocient les échanges de devises, les prêts et les créances commerciales. En cas d’insolvabilité ou de défaillance d’un intermédiaire, les autorités des villes italiennes mettent en place de lourdes sanctions pénales et une mesure emblématique visant à marquer les esprits : la banca rotta.

Le sergent en charge de la police brise d’un coup de hache ou d’épée la banca du prêteur défaillant, en sa présence et en public, au vu et au su de tous. L'intermédiaire  est généralement emmené en prison, ses biens sont saisis.

D’importance stratégique pour des cités-états comme Venise, Florence, Trente ou Gênes qui émettaient leurs propres monnaies, le secteur bancaire devait à tout prix inspirer la confiance. Loin de la doctrine du « to big to fail », la protection de l’emprunteur face au prêteur, et la préservation de la confiance à terme étaient autrefois des impératifs absolus. 

David Dayan

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