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9 septembre 1848 : la Deuxième République adopte la journée de douze heures

L’insurrection parisienne des républicains progressistes de février 1848 a permis la chute de la Monarchie de juillet, mais n’a pas pour autant empêché l’instauration d’une République bourgeoise effrayée par les revendications du petit peuple.

Les initiatives des républicains ont tourné court. Les Ateliers Nationaux qui devaient fournir du travail à tous les chômeurs de la capitale ont très vite été dépassés et des milliers de nouveaux errants sans le sou se sont alors amassés dans la capitale. Face à une Assemblée Constituante nouvellement composée et hostile aux Ateliers Nationaux qu’elle considère comme des foyers d’agitations sociales, les premières insurrections urbaines d’ouvriers ont lieu à Rouen, puis à Paris. Le gouvernement militaire du général Cavaignac écrasera finalement la rébellion fera fusiller et emprisonner des milliers d’ouvriers.

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Avec la fin de l’insurrection populaire à Paris (22-26 juin 1848), c’est l’ensemble des revendications ouvrières, auquel la révolution républicaine de février semblait alors donner crédit, qui tombe alors aux oubliettes. L’emblématique décret du 2 mars 1848 limitant la journée de travail des adultes à dix heures à Paris et à onze heures en Province ne sera jamais exécuté et sera même abrogé par celui du 9 septembre 1848 portant la durée journalière maximum de travail à douze heures.

 

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La barricade de la rue Soufflot illustrée par Horace Vernet lors des journés de juin (22 - 26 juin 1848)
 

A une époque où la représentation syndicale est inexistante et où la pénibilité du travail est omniprésente dans le monde ouvrier, le décret du 9 septembre 1848 résonne comme une mesure rétrograde et l’aveu d’une trahison républicaine, dont les ouvriers de la Commune de 1870 se souviendront.