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9 novembre 1989 : Chute du Mur de Berlin

9 novembre 1989 chute du mur de berlin Le 9 novembre 1989, la chute du Mur de Berlin met fin à une séparation de 28 années 2 mois et 28 jours entre Berlin Est et Berlin-Ouest, mais aussi entre République Fédérale d’Allemagne (RFA) et République Démocratique Allemande (RDA), annonçant ainsi la future réunification d’une Allemagne divisée depuis la fin du second conflit mondial.

 

9 novembre 1989 chute du mur de berlin1Erigé à partir de la nuit du 12 août 1961, le Mur de Berlin entérine la scission entre Allemagne de l’Ouest (RFA) ouverte au monde occidental, aux libertés fondamentales individuelles, aux suffrages démocratiques et à la liberté de marché, et Allemagne de l’Est (RDA) sous influence soviétique, tributaire d’un parti unique (SED) et des orientations politiques économiques et sociales de Moscou.

 

9 novembre 1989 chute du mur de berlin2 kazeco Frontière matérialisée au cœur même de l’Europe, le Mur de Berlin s'étirait sur 167,8 km entre Berlin-Ouest et la RDA, dont 45,1 km le long de la frontière avec Berlin-Est. Véritable complexe militaire composé deux murs de 3,6 et 4,2 mètres de haut et protégé par 302 miradors, 14 000 gardes, 600 chiens policiers, chevaux de frises, barbelés, miradors et dispositifs d’alarme, il était chargé d’empêcher la fuite de ressortissants de la RDA vers l’ouest[1] et devint à la fois un symbole et l’une des clés de voute de la Guerre Froide.

Expression de la chape de plomb communiste, le « Mur de la Honte » canalise alors les critiques des grandes puissances occidentales, mais reste surtout vulnérable aux tremblements intérieurs que connaît l’Union Soviétique à la fin des années 1980.
 
Dans un empire soviétique sortie d’une guerre d’Afghanistan sans victoire et où les remises en question sont faites directement au plus haut sommet de l’Etat par un Mikhaïl Gorbatchev promoteur d’une politique de transparence (Glasnost) et de restructuration (Perestroïka), les contestations se font de plus en plus nombreuses. Dès le 27 juin 1989, en ouvrant ses frontières, la Hongrie communiste permet d’ailleurs déjà à des milliers d’Allemands de l’Est de rejoindre l’ouest en passant par l’Autriche. Face à une emprise soviétique déclinante, à la démission du chef d’Etat de la RDA, Erich Honeker, les manifestations de milliers d’Allemands de l’Est dans les rues de Berlin se multiplient à partir du mois d’octobre 1989 et ce malgré une répression armée violente. Le 4 novembre un million de ressortissants de Berlin-Est manifestent pour l’ouverture des frontières, alors que des centaines de milliers d’autres leur emboîtent le pas partout ailleurs en RDA. Dans une situation devenue intenable, Günter Schabowski, secrétaire du Comité central chargé des médias en RDA, annonce le 9 novembre 1989 à 18h57 que les voyages privés vers l’étranger seront alors autorisés sans présentation de justificatifs, alors que la mesure n’était alors qu’à l’état de projet au conseil des ministres. La réaction populaire est immédiate.

 

9 novembre 1989 chute du mur de berlin3 kazecoDes millions d’Allemands de l’Est comme de l’Ouest s’empressent dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989 pour franchir une frontière autrefois mortelle. Au matin du 10, les scènes de liesse se multiplient, Rostropovitch joue au pied du Mur dont les premiers pans sont alors déjà abattus, Allemands de l’Est et de l’Ouest s’apprêtent alors à reformer un même peuple, autour d’un idéal d’unité que la réunification politique de l’Allemagne opérera moins d’une année plus tard, le 3 octobre 1990.  

Réunification allemande et naissance d’une Allemagne puissante et compétitive qui devra aussi faire avec les écarts importants de niveaux de vie entre Est et Ouest, mais aussi champ du cygne de l’Union Soviétique, la chute du Mur de Berlin est l’un des évènements majeurs du XXème siècle aussi bien pour l’Allemagne que pour la refonte de la géopolitique mondiale.

 

[1] Plus de 200 000 personnes avaient déjà quitté l’Allemagne de l’Est pour l’Allemagne de l’Ouest entre le 1er janvier et le 13 août 1961.