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8 janvier 1950 : Fin de cycle pour Joseph Schumpeter

Né le 8 février 1833 à Triesch dans l’empire d’Autriche-Hongrie (actuellement en République tchèque) et décédé le 8 janvier 1950 à Salisbury aux Etats-Unis, Joseph Schumpeter s’est fait l’économiste du changement et de l’innovation au travers d’une théorie de la « destruction créatrice » allant au-delà des clivages théoriques opposants traditionnellement néo-classiques et keynésiens.

 

8 janvier 1950 décès de schumpeter 3Docteur en droit, le parcours académique de Joseph Schumpeter lui donna également la possibilité de suivre les cours de l’Ecole autrichienne et notamment ceux prodigués par Carl Menger et Eugen Böhm Bawerk, ou encore d’étudier en profondeur les travaux des sociologues allemand Werner Sombart et Max Weber[1]. Débutant sa carrière d’avocat, c’est d’ailleurs vers la science économique et l’étude statistique que Joseph Schumpeter se tournera finalement dès 1908 avec la publication de son premier ouvrage Théorie de l’Evolution Economique, qui lui permettra notamment d’accéder à un poste d’enseignant à l’université de Czernowitz l’année suivante.

 

8 janvier 1950 décès de schumpeter 2 1Passionné par les lois des changements économiques et affilié à aucune école ou doctrine économique en particulier, les travaux de Schumpeter, s’attachent à étudier le rôle essentiel de l’entrepreneur et celui des procédés d’innovation sur le dynamisme de nos économies (Théorie de l’évolution économique, Volume 1, 1911 ; Volume 2, 1926). Professeur à Harvard à partir de 1927, il influencera également d’illustres élèves du nom de Paul Samuelson, Robert Heilbroner ou encore James Tobin. Les Cycles des Affaires (1939) et Capitalisme, Socialisme et Démocratie (1942) achopperont enfin sur une considération plus large que celle jusqu’alors exprimée au travers des précédents travaux de l’économiste, mêlant économie politique, macro-économie et études sociologiques.

 

Economiste hétérodoxe, précurseur de l’évolutionnisme économique, les travaux de Schumpeter ont suscité l’intérêt d’une science économique désireuse de franchir les barrières idéologiques. Concentrée sur les cycles d’innovation, identifiant les innovations majeures ou radicales (téléphone portable) de celles qui sont suscitées par elles, dites incrémentales (3G, 4G, kit mains libres…), les travaux de Schumpeter replacent l’innovation au cœur des jeux de concurrence et de la dynamique du système capitaliste, faite d’activités anciennes, irrémédiablement remplacées par de nouvelles[2].

Le nouveau ne sort pas de l’ancien, mais apparaît à côté de l’ancien, lui fait concurrence jusqu’à le ruiner. 

Décédé le 8 janvier 1950, Joseph Schumpeter lègue à la science économique une conception cyclique de l’innovation encore pertinente aujourd’hui, et dont les prolongements théoriques seront nombreux (Théories de la croissance endogène, des grappes d’innovation, concept de disruptivité…).

 

8 janvier 1950 décès de schumpeter 1

 Cycles de Schumpeter. Originellement considérés sur des periodes de 50 années, ils sont aujourd'hui abordés sur des periodes plus courtes (35 ans) en raison d'une succession de plus en plus rapides des progrès techniques et technologiques. 

 

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[1] Auprès duquel Schumpeter eut d’ailleurs l’occasion d’enseigner à l’Université de Graz entre 1911 et 1919.
[2] Ainsi le format mp3 put-il progressivement s’imposer face au CD, induisant par là même l’affaiblissement de l’industrie du disque, au profit de plateformes de téléchargement en ligne et de nouveau busines models.