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8 décembre 1991 : Traité de Minsk, création de la CEI

Suite à la chute du mur de Berlin (1989), à l’échec du putsch communiste d’août 1991 à Moscou et aux déclarations d’indépendance des pays baltes, l’URSS amorce une toute dernière période de turbulences avant sa disparition définitive à la toute fin de l’année 1991.

8 décembre 1991 traité de minskDans une situation de déclin annoncé et face aux grands ensembles économiques et politiques d’Europe et d’Amérique du Nord, les Présidents Elstine (Russie), Kravtchouk (Ukraine) et Chouchkievitch (Biélorussie) décident de récréer le 8 décembre 1991 un espace supranational commun en signant l’Accord de Minsk et en adoptant le principe d’une Communauté des Etats Indépendants (CEI). Le 21 décembre 1991, l’Accord d’Alma Ata étend les dispositions de l’Accord aux autres républiques d’ex-URSS (Arménie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Tadjikistan).

 

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Logo officiel de la CEI
 

Visant à l’origine la constitution d’un espace économique commun proposant des ouvertures vers l’Europe et l’Asie, des consultations communes en matière de politique extérieure, de politique migratoire, des coopérations dans le champ des télécommunications, des transports, de la protection de l’environnement… mais aussi et surtout un commandement militaire intégré. Mais la réalité fut tout autre et la CEI se résumera finalement à un ensemble supranational bénéficiant d’un faible niveau d’intégration, les anciennes républiques d’ex-URSS ne souhaitant pas se retrouver une nouvelle fois inféodées à l’hégémonie de Moscou.

Dissoute le 25 décembre 1991, l’URSS laisse la place à un nouvel Etat Russe, mais aussi à une CEI où de vives dissensions persistent, notamment lors des guerres d’Abkhazie, d’Ossétie du Sud (1992–1993), de Tchétchénie (1994 ; 1999), des conflits opposants Arménie et Azerbaïdjan au sujet du Haut-Karabagh (1992-1994), Russie et Géorgie[1] (2008)… En 2014, la CEI ne put pas non plus proposer une solution pacifique à la crise ukrainienne confrontant les forces régulières de Kiev aux forces séparatistes pro-russes[2]. Un dernier échec diplomatique de la CEI qui entrainera le retrait de l’Ukraine de l’organisation.

Dépendante du poids économique et politique de la Russie et soumise à des controverses territoriales internes, la CEI est aujourd’hui perçue comme un ensemble en mal de projet, en comparaison à d’autres organisations continentales aux objectifs d’intégration plus poussés.

 

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[1] La Géorgie intégra la CEI en 1993 avant de la quitter en 2009 suite au conflit armé qui l’opposa à la Russie en (août 2008).

[2] Un dernier échec diplomatique de la CEI qui entrainera le retrait de l’Ukraine de l’organisation le 19 mars 2014.