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30 septembre 1938 : Signature des Accords de Munich

L’ascension d’Hitler en Allemagne coïncide avec celle d’un nationalisme allemand exacerbé et d’une doctrine pangermaniste prônant l’annexion par le Troisième Reich de tous les territoires où vivent des Allemands. Après le rattachement de l’Autriche en mars 1938, Adolf Hitler entend prendre possession de la région des Sudètes où vivent plus de 3 millions d’Allemands depuis le démantèlement de l’Empire austro-hongrois et fixe au 1er octobre 1938 la date d’une annexion militaire de la région.

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Face à une France et une Grande-Bretagne alliées de la Tchécoslovaquie mais souhaitant à tout prix éviter la perspective d’une guerre en Europe, Mussolini, allié de l’Allemagne nazie propose le simulacre d’une « conférence de la dernière chance ». Adolf Hitler pour l’Allemagne, Edouard Daladier pour la France, Neville Chamberlain pour la Grande-Bretagne sont conviés par Benito Mussolini à Munich pour évoquer le cas des Sudètes. Edvard Beneš, président de la Tchécoslovaquie ne fait ironiquement pas partie des invités…

Entre le 28 et le 30 septembre 1938, face à la détermination d’un Adolf Hitler brandissant la menace d’une invasion militaire imminente, n’acceptant aucun compromis et affirmant que l’annexion des Sudètes constituera sa dernière revendication territoriale, la France et l’Angleterre cèdent face au chantage et à la menace. De retour dans leurs pays respectifs, Edouard Daladier et Neville Chamberlain sont accueillis en sauveurs de la paix. Abandonné par ses alliés, le gouvernement tchèque capitule dès le compte rendu final des Accords le 30 septembre 1938. Les troupes allemandes envahissent alors les Sudètes le 1er octobre 1938 sans coup férir et feront progressivement de la Bohême-Moravie et de la République slovaque des états satellites du Reich à partir de mars 1939. Entre temps, la Pologne et la Hongrie prennent également leurs parts du butin en annexant des régions situées au Nord et au Sud du pays et entérinant un peu plus le démantèlement de l’ancienne Tchécoslovaquie.

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Neville Chamberlain à son retour en Angleterre présentera également à la foule et aux journalistes un autre accord bilatéral signé à l'occasion de la conférence, selon lequel le Reich s'oblige à régler pacifiquement ses futurs conflits avec la Grande-Bretagne. Un autre engagement dont les termes partiront eux aussi en fumée quelques mois plus tard...
 

Annexion sans combats, prise de contrôle de la puissante industrie militaire tchécoslovaque (Skoda), coup de bluff sinistre et magistralement mené, la victoire d’Hitler sur la scène diplomatique européenne est totale. Victoire de l’impunité sur la lâcheté, les Accords de Munich traduisent la faiblesse des démocraties face à l’arrogance de fascismes qui se croient alors tout permis. Moins d’un an après les Accords de Munich, Hitler envahira la Pologne déclenchant par là même le début de la seconde guerre mondiale.

En visionnaire, Winston Churchill déclarera dans le Time du 7 novembre 1938 en parlant des gouvernements français et britanniques signataires des Accords : «Ils ont accepté le déshonneur pour avoir la paix. Ils auront le déshonneur et la guerre».