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30 juillet 1863 : Naissance d'Henry Ford

Fils d’immigrants irlandais venus s’installer aux Etats-Unis, Henry Ford incarne l’esprit à la fois pionnier et industrieux des grands self-made men américains des XIXème et XXème siècles. Peu intéressé par l’école, il s’adonne très tôt au bricolage, à la réparation de montres, à la construction d’une machine à vapeur et à la compréhension d’autres systèmes mécaniques qui lui permettront à l’âge de trente ans de travailler pour la Edison Illumintaing company, mais aussi de créer son propre modèle d’automobile. Les premières initiatives du jeune Henry ne seront pas couronnées de succès, mais un tournant décisif s’effectue à partir de 1903 avec la rencontre de nouveaux partenaires et la création de la Ford Motor Company. Les profits sont au rendez-vous, mais Ford veut désormais orienter la production de ses automobiles vers la consommation de masse et souhaite élaborer une voiture du peuple abordable. C’est chose faite le 1er octobre 1908 avec la présentation de la Ford T.

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La rationalisation du processus de production héritée du taylorisme et la standardisation aboutissant à la production de pièces calibrées facilement interchangeables contribuent à une hausse inouïe de la productivité. Un seul mode de production et une seule couleur, le noir. Le gain de temps est l’objectif
premier. Cette obsession prend véritablement forme avec la constitution de ligne d’assemblages convoyant les pièces sur lesquelles les ouvriers ont à réaliser leurs opérations. Véritablement mise en place à partir de 1913, l’innovation aura ainsi pour conséquence de faire passer le temps de montage du châssis de la Ford T de 728 à 93 minutes. L’ouvrier ne se déplace plus, la pièce vient à lui. Plus de 15 millions de Ford T seront produites entre 1908 et 1927, un record de productivité qui restera inégalé dans l'industrie automobile pendant les quarante-cinq années qui suivront. En 1932, Ford produit une automobile sur trois dans le monde.

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« L’homme qui place une pièce ne la fixe pas, l’homme qui place un boulon ne met pas l’écrou et l’homme qui place l’écrou ne le visse pas »

La pensée de Ford va au-delà la simple réflexion productiviste. Favorable au relèvement des salaires dans ses usines afin de motiver ses salariés et limiter leur turnover, il s’oppose cependant à la trop grande influence des syndicats dans l’entreprise et n’hésite pas à introduire des gardes armés, mais également des « indic » chargés de rapporter les comportements anti-productifs de certains ouvriers. A cette politique de management qui inspire parfois la crainte des salariés et crée aussi des heurts au sein des sites de production, Ford mêle un paternalisme exacerbé en enjoignant à ses employés de ne céder à aucune addiction que cela soit au travail ou à la maison, d’être en bonne santé, d’adhérer à un culte, de fréquenter régulièrement une église, d’avoir un compte en banque ou encore une assurance-vie afin de disposer d’une relative autonomie financière. A cet effet, les industries Ford disposaient d’ailleurs de leur propre banque.

Mais si l’organisation du travail au sein des ateliers Ford suscita la critique, ses écrits publiés dans la revue Dearborn Indepedant, son livre The International Jew ou encore son obtention de la Grand-Croix de l’ordre de l’Aigle Allemand, haute distinction honorifique du Troisième Reich, ont plus encore été de nature à créer la polémique autour du personnage, bien qu’il ait désavoué officiellement à partir de 1927 toute propension à un quelconque antisémitisme.

S’il laissa la main à son fils Edsel de 1919 à 1943, le décès de ce dernier le pousse à reprendre la présidence et la conduite du groupe jusqu’en 1945, date de sa définitive retraite dans sa propriété de Dearborn, Michigan. Il y meurt le 7 avril 1947 des suites d’une hémorragie cérébrale, à l’âge de 83 ans. Son petit-fils Henry Ford II lui succède à la tête de l’empire Ford.

Entrepreneur de génie, fondateur d’une nouvelle organisation du travail devenue modèle de la deuxième révolution industrielle, Henry Ford fait partie de ses personnages de grande ampleur, irréductiblement complexe, dont les innovations et les idées suscitent encore aujourd’hui un mélange fait à la fois d’admiration et de défiance légitime.

Selon le classement réalisé par le blog financier Celebrity Networth, Henry Ford serait aujourd’hui, en prenant en considération les fluctuations de l’inflation, la 9ème personne la plus riche de tous les temps, avec une fortune estimable à 199 Mds de dollars.

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