3 juillet 321 : Et le jour de repos sera le…

Le 3 juillet 321, l’empereur Constantin promulgue le dimanche comme jour de repos hebdomadaire dans l’Empire romain. A la tête d’un empire multi-religieux et même largement peuplé de païens, Constantin ordonne aux sujets de l’Empire de se reposer le dimanche, le jour du Dieu Soleil. Les langues anglaise (Sunday) et allemande (Sonntag) ont d’ailleurs conservé cette idée.

Les premiers chrétiens qui observaient originellement leur repos hebdomadaire le jour du Shabbat (du vendredi soir au samedi à la tombée de la nuit), avaient déjà commencé pour certains à le remplacer par le dimanche, jour de la résurrection du Christ. En 364, le concile de Laodicée interdit enfin aux chrétiens d’observer le shabbat sous peine d'anathème. C’est d’ailleurs sous l’impulsion de la religion chrétienne que le dimanche continuera d’être consacré comme jour de repos hebdomadaire en Europe. Du Moyen-Age à la Révolution Française, les autorités politiques continueront de faire observer le dimanche comme jour de repos et de prière en enjoignant notamment au peuple l’obligation de se rendre à la messe (Edit de Nantes, 1598) ou aux employeurs et à leurs salariés d’observer les fêtes religieuses de l’Eglise (règlement de police du 8 Novembre 1782).


A la fin du XIXème siècle, les revendications en faveur d’un jour de repos hebdomadaire viendront cette fois-ci du peuple. En effet, certains patrons ne s’offusquent pas de voir travailler leurs employés sept jours sur sept. En 1906, la catastrophe de Courrières qui avait vu périr plus d’un millier de mineurs, le refus obstiné de la Chambre d’entériner la journée de travail de huit heures, ou encore l’affaire des inventaires, soulèvent aussi bien la colère des ouvriers que celle des Clergé. Le temps est alors venu pour les députés de « lâcher du lest » et de voter le 10 juillet 1906 la loi obligeant au repos hebdomadaire le dimanche. Le 13 juillet 1906, la loi est promulguée par le Président de la République Armand Fallières.

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Eneterrement de mineurs après la catastrophe de Courrières ; le drame sera à l'origine d'une éxacerbération de la lutte ouvrière et des revendications sociales.

 

 

Les rapporteurs de la loi le confirment, le dimanche est le jour de repos le plus communément observé en France. Profitant d’un état de fait, le repos dominical est alors consacré par les lois de la République, sans qu’une quelconque filiation religieuse ne soit explicitement évoquée dans une France désormais laïque.

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Un dimanche après-midi à lîle de la Grange Jatte

Georges Seurat, 1884, Art Institue of Chicago
 
 

Si l’Edit de Constantin avait prévu des dérogations au repos dominical à l’égard des travailleurs de la terre, qui ne peuvent se passer d’un dimanche ensoleillé pour la travailler, et que les députés de 1906 en ont accordées à l’égard des boulangers, le débat sur l’opportunité de faire du dimanche un jour de repos fixe et applicable à tous, reste aujourd’hui entier.

 

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En effet, l’enquête annuelle du Ministère du Travail sur le sujet conclut en 2013, sur le fait que sur 23 millions de salariés, 6 millions et demi travaillent le dimanche. La moitié d’entre eux, le fait d’ailleurs de façon habituelle. Il s’agit notamment des pompiers, des aides-soignantes, des infirmières, des cuisiniers, des serveurs… L’autre moitié dit travailler le dimanche de façon occasionnelle.

Nul doute que la polémique au sujet du travail dominical refera encore surface à intervalles réguliers et continuera d’animer les débats des travailleurs, comme ceux de nos députés.