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28 septembre 1958 : Les Français passent la cinquième !

28 septembre 1958 les français passent la cinquième 2L’instabilité ministérielle de la IVème République et les débuts de ce qui allaient être la guerre d’Algérie ont plongé la France dans une situation quasi-insurrectionnelle. Le 13 mai 1958 déjà, le Coup d’Etat d’Alger avait remis en cause la légitimité du pouvoir gouvernemental. Dernier Président de la IVème, René Coty se résout finalement à appeler à la rescousse le général de Gaulle. Disposant des Pleins Pouvoirs que l’Assemblée Nationale lui accorde à compter du 1er juin, et ce pour une durée exceptionnelle de 6 mois, le gouvernement de De Gaulle veut en finir avec le régime de la IVème République et un pouvoir législatif trop fort, menaçant toute permanence de l’exécutif. En deux mois, un nouveau projet de Constitution est rédigé par Michel Debré. L’influence notable de De Gaulle s’y fait bien évidemment sentir.


28 septembre 1958 les français passent la cinquième 3Présenté aux Français à la date symbolique du 4 septembre, le projet de referendum est finalement soumis à l’approbation des Français par voie référendaire le 28 septembre 1958. Respectueuse des principes républicains, des droits fondamentaux acquis depuis 1789, de la séparation des pouvoirs, mais aussi et surtout établie autour d’une prédominance du pouvoir exécutif, la nouvelle constitution est synonyme de retour à l’ordre et séduit très largement des Français qui croient en l’aura de l’homme providentiel du 18 juin 1940.

 

28 septembre 1958 les français passent la cinquième Approuvé par 82,6% des votants[i], le referendum est un plébiscite en faveur de la nouvelle Constitution et de la Vème République. Il marque également dans les colonies – sauf en Guinée – l’acceptation d’une Communauté Française au sein de laquelle ces dernières pourront accéder progressivement à leurs indépendances respectives. Point de départ du renforcement du pouvoir exécutif, le referendum rend au pays ses marges de manœuvres politiques, sans pour autant éviter l’accentuation du conflit algérien qui ne prendra fin qu’en 1962 avec les Accords d’Evian.
 
 

[i] En Algérie, le plébiscite fut encore plus significatif avec 97% de « oui ».