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27 décembre 1945 : Création de la Banque Mondiale et du FMI

27 décembre 1945 fmi bm kazeco1Nés à la suite des accords de Bretton Woods signés le 22 juillet 1944, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International vont être après-guerre les chevilles ouvrières de la reconstruction et d’une politique visant la stabilité financière au niveau international.

Ratifiés par 29 Etats le 27 décembre 1945 les statuts des deux organisations entrent véritablement en vigueur alors que les conséquences de la Seconde Guerre Mondiale se font particulièrement difficiles en Europe et au Japon, principaux théâtres d’opération militaires portant les stigmates de six années de bombardements et de combats.

 

27 décembre 1945 fmi bm kazeco2Développée initialement autour de sa Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD)[1], le rôle de la Banque Mondiale évoluera au cours des années 1960 pour se recentrer sur l’aide aux pays en voie de développement et aux pays les moins avancés avant de redéfinir aujourd’hui son combat contre l’extrême pauvreté dans le monde comme sa priorité numéro un.

 

27 décembre 1945 fmi bm kazeco3Le Fonds Monétaire International (FMI) endosse quant à lui la responsabilité d’assurer la stabilité du système monétaire international institué par les accords de Bretton Woods jusqu’à ce que la fin de la convertibilité dollar-or annoncée en 1971[2], faisant du dollar américain une monnaie flottante, modifie considérablement le rôle de l’institution. La mise en place des Droits de Tirages Spéciaux (DTS) pour compenser le rôle autrefois proéminent du dollar, l’octroi d’emprunts et de crédits préventifs aux pays connaissant des difficultés économiques ou encore les missions d’assistances financières et techniques de l’organisation donneront au FMI un rôle central dans la gestion des grandes crises financières nationales ou internationales. Une intervention qui ne se fait pas pour autant sans contreparties. En l’échange de l’aide accordée par le FMI, les pays aidés doivent en effet répondre à des mesures d’ajustements structurels en s’attachant par exemple à mieux lutter contre leur niveau de corruption, améliorer leurs infrastructures, leur système éducatif ou encore à assurer un contrôle resserré de leurs finances publiques.

Disposant toutes deux de leurs sièges à Washington, la Banque Mondiale et le FMI sont également critiquées par les pays émergents et ceux en voie de développement en raison de la place proéminente occupée par les pays riches - notamment du fait d’un système de quotes-parts indexant les droits de votes au sein des deux institutions au financement apporté par chaque pays membres[1] - ou du fait des initiatives et des mesures d’ajustements structurels exigées auprès des pays aidés. Les deux institutions restent pour autant deux organisations dont l’importance se révèle plus que jamais fondamentale en ce début de XXIème siècle, à l’heure où la crise des dettes souveraines et l’internationalisation croissante des échanges commerciaux et monétaires nécessitent plus que jamais l’idée d’une coopération et d’une gouvernance étendue.

 


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15 août 1971 : Fin de la convertibilité dollar-or

 

[1] Le Groupe Banque Mondiale comprend aujourd’hui cinq institutions spécialisées reconnues dans le système des Nations-Unies : la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD), l’Association Internationale de Développement (AID), la Société Financière Internationale (IFC), l’Agence Multilatérale de Garanties des Investissements (MIGA) et le Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI).
[2] Dès 1969, la fin de la convertibilité « externe » du dollar avait déjà poussé le FMI à tirer une contrepartie monétaire alternative au dollar au travers des Droits de Tirage Spéciaux (DTS). La valeur du DTS est depuis fixée par un panier de devises composé du dollar, de l’euro, du yen et de la livre sterling. 
[3] Ainsi, le principe « 1 dollar 1 vote » contribue à conférer respectivement 16,75% et 32,1% des droits de vote au FMI, aux Etats-Unis et à l’Union Européenne.