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27 avril 1969 : Le président Charles de Gaulle démissionne.

De Gaulle avait certainement compris que, sans ultimatum, le pays ne se reformerait pas, du moins pas assez vite…Il a donc consulté par référendum sur un sujet complexe et peu empathique, mixé à la lassitude du pouvoir après 11 ans de règne et il a perdu. Le sujet portait sur une réforme du Sénat associée à la mise en oeuvre d'un ambitieux projet de régionalisation.
Les régions, telles que prévues par la réforme.
Les régions ont des compétences élargies, en matière d'équipements collectifs, de logement et d'urbanisme. Pour exercer ses compétences, la région peut recourir à l'emprunt, passer des contrats, prendre des participations dans des sociétés d'économie mixte, créer, gérer ou concéder des établissements publics et conclure des conventions avec d'autres régions.
Les conseils régionaux seraient composés :
  • Aux trois cinquièmes, des députés élus dans la région et des conseillers régionaux territoriaux, élus par les conseils généraux et par les conseils municipaux ou leurs délégués.
  • Aux deux cinquièmes, des conseillers régionaux socio-professionnels, désignés par des organismes représentatifs, pour six ans.
Des dispositions particulières sont prises pour la région parisienne, la Corse et les départements d'outre-mer.
La réforme du Sénat.....ça coince vraiment!
Le titre II du projet organiserait la fusion du Sénat et du Conseil économique et social en un nouveau Sénat exerçant une fonction consultative et ne disposant d'aucun pouvoir de blocage.
les principaux changements proposés étaient, en résumé, les suivants :
  • l'intérim du président de la République est exercé par le premier ministre et non par le président du Sénat ;
  • la déclaration de guerre et la prorogation de l'état de siège sont autorisées par l'Assemblée nationale ;
  • les sénateurs n'auraient plus l'initiative des lois, et n'émettent que des avis ;
  • les projets et propositions de loi sont présentés en premier lieu au Sénat, qui peut en proposer l'adoption, le rejet ou l'amendement, avant d'être soumis à l'Assemblée nationale ; après cela, le gouvernement ou l'Assemblée nationale peuvent les renvoyer au Sénat .
  • les lois organiques sont adoptées à la majorité absolue des députés.
  • les sénateurs ne peuvent plus poser de questions au gouvernement 
  • en ce qui concerne la Haute Cour de justice, seule la réunion des sénateurs représentant les collectivités territoriales a un rôle  et non le Sénat .
  • les projets et propositions de révision constitutionnelle sont adoptés à la majorité absolue des députés puis soumis au référendum. 
Les sénateurs sont élus pour six ans et renouvelés par moitié tous les trois ans. Il faudra attendre 2003 pour sa mise en place. 
La composition du Sénat:
  • 173 sénateurs représentant les collectivités territoriales de métropole (160) et d'outre-mer (DOM : 7, TOM : 6), élus, les régions étant les circonscriptions électorales, par des grands électeurs (députés, conseillers régionaux territoriaux, conseillers généraux, délégués des conseils municipaux) pour 159 d'entre eux au scrutin proportionnel à la plus forte moyenne sans panachage ni vote préférentiel et pour les 14 autres au scrutin majoritaire à deux tours ;
  • 4 sénateurs représentant les Français établis hors de France, désignés par le conseil supérieur des Français de l'étranger ;
  • 146 sénateurs représentant les activités économiques, sociales et culturelles, désignés par des organismes représentatifs, à raison de 42 pour les salariés, 30 pour les agriculteurs, 36 pour les entreprises, 10 pour les familles, 8 pour les professions libérales, 8 pour l'enseignement supérieur et la recherche et 12 pour les activités sociales et culturelles.
Le 27 avril au soir, le général de Gaulle déclare : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ». De gaulle était si conscient de perdre qu’il avait quitté l’Elysée le matin même.
Le lendemain, lundi 28 avril, le président du Sénat Alain Poher assume donc par intérim la présidence en attendant le scrutin qui verra l'élection de Georges Pompidou, le 15 juin suivant.