FlashbackEco

24 octobre 1929 : Black Thursday, début de la crise de 1929

Durant la période de l’entre-deux-guerres, les Etats-Unis connaissent une phase d’expansion de leur économie sans précédent. Epargnés par les combats de la Première Guerre Mondiale à la différence des pays européens, les Etats-Unis profitent de l’après-guerre pour mettre sur pied une économie robuste et au rayonnement international.

Banquiers d’une Europe en reconstruction, les Etats-Unis développent également un appareil industriel qui de 1921 à 1929 augmente de 50% la production industrielle du pays et assure ainsi l’essor de grands groupes aux besoins capitalistiques considérables. En mal de rentabilité sur des marchés européens exsangues, les investissements se détournent également des places boursières du Vieux Continent pour se concentrer sur Wall Street. De nouveaux instruments permettant l’achat d’actions à crédit participent eux aussi à une effervescence progressive de la Bourse de New-York. Ainsi, le call loan permet-il d’acquérir des actions en engageant seulement le dixième de leur prix. La spéculation boursière deviendra même si forte que 80% des transactions finiront par se faire à terme et à crédit ; une situation terriblement délicate pour les vendeurs en cas de chute brutale des cours.

De 1925 à 1929, la capitalisation boursière de New-York augmente de 300% sous l’effet conjugué des différents paramètres économiques et règlementaires, mais aussi sous la pression d’un engouement spéculatif qui semble être sans fin et surtout déconnecté des performances réelles des entreprises. Dès le début de l’année 1929, les signes de ralentissements de l’économie américaine – de l’industrie automobile particulièrement – ne manquent pourtant pas. Comble de la situation, l’économie réelle pâtit elle-même d’investissements moindres depuis que les flux de capitaux lui préfèrent Wall Street. La capitalisation boursière de la place est bien trop surévaluée. Les cours ne reflètent en aucun cas les fondamentaux des entreprises. La bulle est prête à exploser au moindre mouvement de panique. Le premier « vendeur » en entraînera un autre, qui en entraînera un autre, qui à son tour…

 

24 octobre 1929 black thursday3Les 18, 19 et 23 octobre 1929, les premières ventes massives ont finalement lieu et au matin du jeudi 24 octobre, face à l’absence d’acheteurs et à des rumeurs faisant état du désengagement de plusieurs gros investisseurs du marché, les cours s’effondrent (-22,9% à midi). Si l’intervention d’un pool bancaire permet de relever les cours en fin de journée et de diminuer les pertes en limitant la chute du Dow Jones à -2,1%, Wall Street a cependant montré un signe de fébrilité évident. Les cours sont définitivement montés trop hauts. Le lundi 28, le cycle reprend de plus belle. Le Dow Jones marque le pas avec une chute historique de 13 points. Le 29 (Mardi Noir), avec 26 millions de titres échangés, l’indice perd encore 12%. La panique est totale. Du 29 octobre au 15 novembre, Wall Street perd 40 milliards de dollars de capitalisation, l’action General Motors chute de 73 à 36 dollars et celle de la US Steel de 262 à 150.

 

24 octobre 1929 black thursday4
Dès le jeudi 24 octobre, les foules d'investisseurs et de petits porteurs s'ammassent dans les rues de Manhattan 
 

Les conséquences de la crise bancaire de 1929 seront nombreuses et dévastatrices. En mal de capitaux, les entreprises réduisent leurs activités et procèdent alors à des licenciements massifs. Entre 1929 et 1932, le taux de chômage aux Etats-Unis passe de 3,1% à 24%. En manque de capitaux, 4500 établissements bancaires ferment également leurs portes sur la même période. L’absence de liquidités et la diminution drastique de l’octroi de crédit ralentissent mécaniquement la consommation et l’investissement entraînant le pays dans un cycle déflationniste empêchant tout rétablissement de la situation. Il faudra attendre le New Deal du Président Roosevelt, fortement influencé par la théorie keynésienne, pour assister à une politique de grands travaux et de chute des taux qui remettra finalement le pays sur le chemin de la consommation et de la prospérité économique.

 

24 octobre 1929 black thursday2
Manifestation de chômeurs dans les rues de New-York
 

 

24 octobre 1929 black thursday5
Illustration parfaite de la crise de liquidité, un jeuen businessman ruiné met en vente sa luxueuse berline pour seulement 100 $
 

 

Crise financière, bancaire, économique et sociale, la crise de 1929 deviendra finalement mondiale. Débiteur financier des Etats-Unis, l’Europe, subira elle aussi les conséquences du Krach de 1929, notamment en Allemagne dont les établissements bancaires dépendent exclusivement à l’époque de capitaux provenant des Etats-Unis.

 

kazeco.com