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23 décembre 1913 : Création de la Federal Reserve

Adopté par le Congrès américain le 23 décembre 1913, le Federal Reserve Act dote les Etats-Unis d’une banque centrale, indépendante des autres pouvoirs, et dont la politique monétaire se donne principalement pour objectifs le plein-emploi, la stabilité des prix, et corrélativement la fixation des taux d’intérêts à long terme[1].

 

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L'eccle building, siège de l'institution, Washington D.C
 
 

23 décembre 1913 fed 1L’idée d’une banque centrale fut cependant loin d’être une évidence dans l’histoire des Etats-Unis. La Première (1791-1811) et la Seconde (1816-1836) Banque des Etats-Unis en avaient déjà assumé le rôle, jusqu’à ce que le Président Andrew Jackson ne s’oppose au renouvellement du mandat de vingt ans alors accordé à l’institution. Puissante, privée, récipiendaire de titres et de dépôts en provenance du gouvernement fédéral, la Seconde Banque des Etats-Unis fut la bête noire du président américain, méfiant à l’égard d’un contre-pouvoir financier qui pourrait menacer l’indépendance du politique.

L’absence d’une politique monétaire élargie à tout le territoire national, capable d’absorber les défaillances du système financier, se fit toutefois sentir dès la fin du XIXème siècle et devint même de nouveau une nécessité pour bon nombre de parlementaires américains, au lendemain de la panique bancaire de 1907.

Mise en place après six années de tractations, la Reserve Fédérale voit finalement le jour le 23 décembre 1913 autour d’un système mêlant un conseil central des gouverneurs - véritable conseil d’administration de l’institution -, les représentants des douze districts régionaux, mais aussi ceux de banques privées de dépôts. Chef d’orchestre de la politique monétaire des Etats-Unis, la Reserve Fédérale remplit dès lors sa mission d’ordre public, tout en restant proche des banques privées[2]. Institution indépendante, son budget n’est pas financé par le Congrès, mais par son action sur les marchés, ses prestations rendues aux banques de dépôts et au Trésor Américain, et ses décisions n’ont pas à être approuvées par le Président des Etats-Unis, ni par quelque pouvoir exécutif ou législatif que ce soit.

 

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 Janet Yellen, Présidente du Conseil des Gouverneurs de la Réserve Fédérale
 

Lente à réagir lors de la crise de 1929, interventionniste voire agressive dans sa politique de taux d’intérêts élevés (20%, en juin 1981) afin de lutter contre une inflation galopante, surprise par la crise des supprimes en 2008 et finalement engagée depuis 2009 dans une politique de Quantitative Easing visant à épurer le système bancaire américain en rachetant les actifs toxiques encore détenus par les banques, tout en injectant d’importantes liquidités sur les marchés, la Réserve Fédérale a connu une évolution permanente de ses prérogatives, faisant incontestablement d’elle aujourd’hui l‘une des plus influentes institutions financières de la planète.

 

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[1] Les missions essentielles de la Réserve Fédérale ont été redéfinies en ce sens, notamment au sujet de l’appui que l’institution doit fournir à la politique de l’administration américaine en matière d’emploi parle Humphrey-Hawkins Full Employment Act de 1978.

[2] En 1935, le Banking Act donnera à la Banque Fédérale encore plus de pouvoir sur le contrôle des activités des banques régionales.