L'Eco de la nouvelle économie

2015 : combien d’operateurs Télécom principaux en France, 2, 3 ou 4 ?

Les 4 principaux opérateurs télécom (Bouygues, Numéricable-SFR, Orange, Free) détiennent 88 % du marché fin 2014. Sur ce marché pourtant concentré, les acteurs s’accordent pour convenir qu’un acteur est de trop. Et celui ci semble être désigné, il s’agirait de Bouygues. Ce dernier assure ne plus être à vendre.
Les 2 années à venir pourraient apporter quelques surprises là où on ne les attend pas, voici pourquoi :
 
La personnalité des Managers qui portent les différents groupes.
Chez Orange, cela fait très longtemps que l’entreprise n’a pas fait un « bon coup ». Orange est encore leader avec 41% du marché total, et Stéphane Richard voudrait bien que son entreprise devienne « in » et soit rangée dans la catégorie des « French success ».
 
Bouygues qui ronge son frein depuis la fusion Numéricable-SFR et qui sans nulle doute attend son heure ou vendra tout en masse pour se concentrer sur son métier de base.
 
10 innovateurs nielFree, avec Xavier Niel. Celui qui a décomplexé les tarifs des abonnements téléphoniques. Le manager est communicatif et voudrait prendre le lead du nouveau souffle de la dynamique économique voulue par les gouvernants.
 
 
 
numericable sfrEnfin Patrick Drahi, le challenger devenu un mastodonte avec aujourd’hui 24% de parts de marché (SFR 19%, Numéricable 5%), un style plus discret que Xavier Niel mais qui est présent tout azymut dans le diaporama économique français et qui construit son groupe comme un « Vivendi » du début des années 2000, mais avec une expertise financière sans comparaison.
 

Panorama des Chiffres 

L'activité dans le secteur a reculé de 1,5% en valeur en 2014, pour tomber de 38 024 milliards à 36 883 milliards d'euros.
 
Une décroissance toutefois maitrisée, lorsqu'on met ces chiffres en comparaison avec l'exercice précédent ( -9,1% de baisse).
 
Entre 2010 et 2015, les revenus des opérateurs télécoms se seront repliés de 18% selon le Xerfi ( spécialiste des analyses sectorielles).
Les recettes perçues auprès du client final, qui représentent plus de 80% du chiffre d'affaires, ont chuté de 3% en 2014, après -4,1% en 2012 et -6,6% en 2013 (arrivée de Free ?).
En baisse de 9 euros ces trois dernières années, le revenu moyen par abonné dans la téléphonie mobile devrait se maintenir à bas niveau avec la généralisation des abonnements low cost. Du côté des services fixes, les prix des offres triple play (Internet, télévision et téléphonie) seront eux aussi tirées à la baisse en 2015, toujours selon le Xerfi.
 
D’ailleurs, l’un des arguments phares quant à une nouvelle concentration des acteurs est le besoin futur des investissements dont les enchères à venir demanderont du cash flow aux différents opérateurs.
 

Quel opérateur est bien placé ?

Les acteurs se mobilisent pour savoir qui est le mieux placé pour aménager le territoire
operateur mobile 4gDe la Fibre optique, du câble ou de l’ADSL, les acteurs argumentent selon leurs avantages et la bataille fait rage entre les arguments ennoncés par Free et ceux de Numéricable-SFR.
 
On pourrait croire que l’apport en Fibre optique de SFR à Numéricable a donné un avantage concurrentiel. Ce n’est pas le cas à court terme.
 
Selon l'étude de Cedexis, société spécialisée dans l’optimisation du web, les résultats donnent Numéricable comme fournisseur donnant le temps d’affichage des pages le plus bas. Ce qui est une excellente nouvelle pour cet opérateur dont on dit que sa solution laisse à désirer (Fibre ioptique qui passe du relai a du cable) contre la fibre globale. SFR arrive en 3ème position et Orange en 4ème position !
 

What Else ? 

 On estime que la génération Y (personnes nées après 1985 approximativement) pourtant réputée peu dépensière, consacrera son budget le plus important aux technologies, médias et télécoms. Elle déboursera en moyenne 750 $ par an pour la télévision payante, la musique, les jeux vidéo, les livres, les sports en direct, du contenu vidéo sur Internet et des journaux papier. Les acteurs Telecom le savent et c’est pour cela qu’ils accélèrent leur stratégie, notamment de rachat.
 
On notera aussi l’initiative de l’iPad Air 2 et iPad Mini 3, pré-équipées d’une carte SIM « maison ». L’utilisateur peut choisir à tout instant l’opérateur, partenaire d’Apple, qu’il souhaite utiliser, sans engagement, à partir des menus de l’IOS.. Seuls At&T, T-Mobile US et Sprint sont concernés aux Etats-Unis, ainsi que EE au Royaume Uni, mais cela pourrait se généraliser. Préoccupant pour les opérateurs ?
 
On le voit, la bataille des groupes de telecom ne fait que débuter. Nous aurons certainement des surprises, oui et peut être qu’elles viendront des acteurs étrangers susceptibles d’intervenir dans le jeu.
A suivre de très près…

D.Gurn