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20 novembre 1694 : Voltaire, libre-penseur et fier de l’être

Né le 20 novembre 1694, François Marie Arouet, dit Voltaire, fut poète, dramaturge, essayiste, philosophe, mais aussi l’un des éléments essentiel du mouvement des Lumières, annonçant la Révolution Française, la fin de l’Ancien Régime et le futur idéal républicain.

Auteur précoce qui connut très tôt ses premiers succès au théâtre avec Œdipe (1719), puis avec son Henriade (1723), le destin de l’écrivain le poussa cependant à entrer très tôt en conflit avec une société d’Ancien Régime où l’arbitraire des puissants et celui des ordres religieux était alors omniprésent. Incarcéré par deux fois à la Bastille, pour des vers irrévérencieux (1717) et suite à une altercation avec le Chevalier de Rohan-Chabot, qui le fit battre par ses gens, et qui le contraint à l’exil en Angleterre (1726) ou encore ulcéré par l’excommunication et le refus de sépulture chrétienne aux comédiens, Voltaire se heurte personnellement à ce qu’il dénoncera plus tard avec ardeur dans ses écrits.

Marqué par la liberté dont bénéficient les intellectuels et les savants d’outre-manche, initié à de nouvelles sciences, admirateur des travaux de Newton, ou de l’avancée juridique de l’Habeas Corpus interdisant tout emprisonnement sans procès devant un juge, les trois années passées en Angleterre font de l’écrivain un philosophe et l’auteur des Lettres philosophiques (1734), ouvrage préfigurant déjà les questionnements dont les Lumières se feront l’écho.

21 novembre 1694 1 Entré à l’Académie Française pour mieux se protéger de ses ennemis, homme d’affaires et investisseur avisé pour mieux garantir une indépendance financière dont sont si souvent dépourvus les auteurs de l’époque, Voltaire, de retour en France, lutte sur tous les fronts pour protéger et promouvoir ses idées et continue dans son entreprise de vulgarisation des connaissances (Epître sur Newton, 1736 ; Dictionnaire philosophique portatif, 1764 ; nombreuses contributions à l’Encyclopédie de d’Alembert), de dénonciation des périls de l’obscurantisme intellectuel et religieux (Zadig, 1748), (Candide, 1759) et des injustices de son temps (Traité sur la Tolérance, 1763 ; publié à l’occasion de l’affaire Calas).

Face à l’hostilité que suscite ses idées au sein des milieux conservateurs qui optent pour une campagne à l’encontre des idées nouvelles, Voltaire se réfugie finalement à Ferney à partir de 1759 (à proximité de Genève, où il peut éventuellement se réfugier), y achète un château qui devient l’incontournable point de passage de l’intelligentsia européenne et organise la contre-attaque en continuant à prôner les idées qui ébranleront l’Ancien Régime en 1789. Souffrant de maladies diverses, il revient finalement à Paris en 1778, quatre ans après la mort de Louis XV, et après 28 ans d’exil, pour recevoir les acclamations d’une immense foule populaire sur son passage, mais aussi les hommages de l’Académie et de la Comédie Française qui saluent sa dernière tragédie (Irène).

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21 novembre 1694 2Décédé le 30 mai de la même année, enterré religieusement[i], les cendres de Voltaire seront finalement transférées au Panthéon sur décision de l’Assemblée le 11 juillet 1791 en reconnaissance de son apport philosophique considérable à la Nation.
 
Quintessence du génie français et de l’Esprit des Lumières, l’œuvre et les idées de Voltaire s’ancreront profondément dans la conscience collective française, mais aussi à l’extérieur des frontières nationales pour mieux y promouvoir les libertés fondamentales individuelles, comme collectives.

 

[i] Là aussi, Voltaire incarnera l’art de composer intelligemment avec les paradoxes. Déiste, ne refusant pas l’idée d’un Dieu, il s’en était surtout pris tout au long de sa vie aux dévots qui en usent pour asservir l’esprit des hommes, mais pas à la spiritualité religieuse en elle-même.