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20 janvier 1920 : Federico Fellini, « maître-conteur » du cinéma italien

Réalisateur inoubliable de la Dolce Vita (1960), cinéaste parmi les plus grands que le XXème siècle est compté, au côté d’un Charlie Chaplin, d’un Vittorio de Sica, d’un Luciano Visconti ou d’un Alfred Hitchcock, Federico Fellini a fait de son œuvre l’une des plus riches de l’histoire du cinéma.

 

Né à Rimini le 20 janvier 1920 au sein d’une famille de la petite bourgeoisie italienne, Federico Fellini n’oubliera vraiment jamais les abords et l’atmosphère de la station balnéaire italienne, à laquelle il rendra hommage - notamment dans Armacord (1973) - et y puisera même les discussions, les chamailleries, les farces et les traits caractéristiques d’une Italie populaire à laquelle une grande partie de son œuvre sera dévouée.

 

20 janvier 1920 federico fellini2Arrivé à Rome à l’âge de 19 ans pour devenir journaliste au sein du journal humoristique Marc’Aurelio, il développe son intérêt pour l’écriture en devenant assistant scénariste de Roberto Rosselini (Rome, Ville ouverte, 1945), mais aussi d’Alberto Lattuada (Sans pitié, 1948) avec lequel il réalisera son premier film (Les Feux du Music-Hall, 1951) marqué par une vaine humoristique et une influence néoréaliste qui fait alors la gloire du cinéma italien d’après-guerre. Oisiveté de la jeunesse (Le Cheikh blanc, 1952), vie de bohême et de saltimbanque (La Strada, 1954), portraits de prostitués (Les Nuits de Cabiria, 1957), les récits de marginaux et de misère, toujours dépeints avec une affection véritable et une évocation poétique profonde, dressent alors les grandes lignes de l’œuvre de l’artiste.

 

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Anthony Quinn (Zampano) et Giulietta Masina (Gelsomina), épouse et muse de Fellini, dans La Srada (1954), premier grand succès international du réalisateur
 
 
Œuvre de rupture qui restera dans la mémoire collective, la Dolce Vita (1960) et le souvenir d’Anita Ekeberg marchant pieds nues dans la fontaine de Trevi, traitera en revanche de la vie mondaine, de ses dérives et de ses désillusions. Une œuvre plus personnelle qui ouvrira alors au scénariste un champ d’expression privilégié pour ses fantasmagories et son art poétique, limant les lignes de fracture entre rêve et réalité (Huit et demi, 1962 ; Satyricon, 1962).

 

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 Marcello Mastroianni et Anita Ekberg - La Dolce Vita, 1960
 
Créateur aux influences multiples, Fellini fut le cinéaste des exagérations gourmandes, des femmes aux courbes généreuses, des comportements fantasques et truculents rappelant la tradition de la Comedia dell’arte, mais aussi et surtout un génie en quête de sens, révélateur de l’absurde du « star system » (Ginger et Fred, 1985 ; Intervista, 1987) ou encore des difficultés des relations Homme/Femme (La Cité des Femmes, 1979). Entre comédie et tragédie de l’existence humaine, entre réalité et rêve, la perception de Fellini reste celle d’un cinéma inoubliable, d’un divertissement à la fois profond et terriblement accessible.

 

20 janvier 1920 federico fellini5Récompensé par de nombreux prix, dont une Palme d’Or pour la Dolce Vita en 1960, quatre oscars du meilleur film en langue étrangère (La Strada, Les Nuits de Cabiria, Huit et demi, Amarcord), mais aussi par un oscar d’honneur en 1993 reconnaissant l’ensemble de sa carrière de « maître-conteur », Federico Fellini décède le 31 octobre 1993.

 

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Une perte immense qui suscitera l’émotion du monde du cinéma, mais aussi celle d’une Italie qui lui accordera des funérailles nationales, dignes de celles d’un homme d’Etat.