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19 janvier 2000 : Réduction de la durée légale du temps de travail à 35 heures

Complétant la première loi Aubry du 13 juin 1998 d’orientation et d’incitation à la réduction du temps de travail, la loi Aubry II du 19 janvier 2000 fait des 35 heures la durée légale du travail hebdomadaire en France.

 

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Mesure phare du gouvernement Jospin (1997-2002), la réforme des 35 heures est alors envisagée comme le moyen de mieux répartir le travail dans une France frappée par le chômage de masse, mais également une initiative visant à relancer le dialogue social et la problématique de l’organisation du travail au sein des entreprises. Réforme économique, mais aussi sociale, les 35 heures doivent permettre aux travailleurs de gagner en temps libre et en temps de repos récupérables (R.T.T), de mieux ajuster vie de famille et vie professionnelle et à terme, de bénéficier d’une meilleure qualité de vie susceptible d’améliorer la productivité des salariés, mais aussi l’essor de secteurs d’activités comme ceux des loisirs ou des transports.

 

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Point d’ancrage de la politique économique de la « gauche plurielle », objet de critiques acerbes pour la droite et le patronat, les 35 heures se sont invitées au cœur d’un vif débat politique. Progrès social et créateur d’emplois pour les premiers, frein à la productivité mesure délétère pour les seconds, les 35 heures sont pourtant aujourd’hui acceptées par une large part de la classe politique française. Même ses opposants d’hier semblent désormais de plus en plus nombreux à souhaiter leur aménagement et non leur abrogation.

Rendu public en décembre 2014, le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’impact économique, social et sociétal des 35 heures a d’ailleurs conclu sur l’efficacité de la mesure à l’époque de sa mise en place. Entre 1997 et 2001, elle aurait ainsi contribué en présence d’autres facteurs, à la création de 2 millions d’emplois salariés dans le secteur marchand (Insee), sans pour autant provoquer une quelconque chute de la productivité nationale, ni faire de la France une terre négligée des investissements étrangers.

Pourtant, loin des années 1997-2001, la crise financière de 2009 a profondément changer la conjoncture du marché du travail dans de nombreux pays industrialisés, notamment en France, où le thème de « flexibilité » s’invite de plus en plus au débat et pourrait bien à terme proposer une alternative à un cadre devenu trop rigide.