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18 septembre 2011 : L’Allemagne délaisse le nucléaire, Siemens se met au vert

18 septembre 2011 merkel abandonne le nucléaire siemens se met au vert4Depuis le début des années 2000 et la coalition Rouge-Verte (sociaux-démocrates et Ecologistes) menée à l’époque par Gerard Schröder, l’idée d’un abandon progressif de l'énergie nucléaire est devenue une idée récurrente de la vie politique allemande. Mais c’est avec la catastrophe nucléaire de Fukushima et la prise de conscience qu’elle provoque que le virage énergétique allemand sera véritablement amorcé. Le 29 mai 2011, la coalition gouvernementale menée par Angela Merkel annonce la sortie progressive de l’Allemagne du nucléaire et la fermeture de ses réacteurs à l’horizon 2022. L’Allemagne devient le premier grand pays industrialisé à faire une telle annonce.
 
 
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Angela Merkel entre Klaus Toepfer et Matthias Klenier, respectivement président et vice-président de la Commision sur "la fourniture d'énergie propre" - 29 mai 2011, Berlin.  

 

 

18 septembre 2011 merkel abandonne le nucléaire siemens se met au vert1Les conséquences de cette décision ne pouvaient évidemment pas échapper à Siemens, poids lourd du secteur. Le 18 septembre 2011, le géant industriel allemand déclare officiellement par la voix de son PDG, Peter Löscher (2007-2013), renoncer au nucléaire et se tourner vers les énergies renouvelables. Au-delà du simple effet d’annonce, le groupe annule dans la foulée de cette déclaration un projet de partenariat avec le groupe russe Rosatom et recentre sa production d’équipements sur l’industrie solaire et éolienne. Siemens adopte une vision stratégique à long terme, en accord parfait avec la transition énergétique allemande, véritable « projet du siècle » de l’aveu même de Peter Löscher.


18 septembre 2011 merkel abandonne le nucléaire siemens se met au vert5Le bilan actuel de la transition énergétique amorcée outre-rhin est aujourd’hui globalement bon. La part du nucléaire dans le mix énergétique allemand ne cesse de décroître ces dernières années (27% en 2004 ; 22,2% en 2010, 15,4% au premier semestre 2014) et les mesures annoncées laissent penser à une continuité de la tendance au profit des énergies renouvelables (solaire, biomasse, éolien, hydroélectricité). Cependant, le gouvernement allemand doit encore transiger avec la réouverture périodique de centrales nucléaires et l’utilisation accrue d’énergies fossiles en période de grand froid, ainsi qu’avec le coût exorbitant induit de l’abandon du parc nucléaire. Siemens de son côté doit faire face à un recentrage peu fructueux dans les énergies renouvelables. La firme a d’ores-et-déjà abandonné ses activités dans le solaire et a également connu d’importantes difficultés techniques dans les parcs éoliens de la Mer du Nord. Ces déconvenues, parmi d’autres, ont notamment conduit au limogeage d’un Peter Löscher, qui eut pourtant le courage d’amorcer un virage industriel que la société et la classe politique allemandes réclament.

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Porte de Brandebourg occupée par les antinucléaires allemands

 

On peut d’ailleurs penser que la transition énergétique allemande est aujourd’hui une tendance de fond résolue et probablement irréversible, qui influencera de plus en plus massivement les comportements des agents économiques allemands, publics comme privés.