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16 décembre 1834 : Naissance de Léon Walras

16 décembre 1834 léon walras kazeco 1Né le 16 décembre 1834 à Evreux et mort à Clarens (Suisse) le 5 janvier 1910, Léon Walras fut l’un des grands pionniers de la science économique moderne. Economiste d’envergure, son influence s’exercera notamment sur l’Ecole néo-classique dont il est aujourd’hui reconnu comme l’un des précurseurs.

 

Refusé deux années de suite à l’Ecole polytechnique, sorti de l’Ecole des Mines sans diplôme, puis vivant d’expédients divers au travers de critiques d’art et de cours particuliers, Léon Walras ne commença pourtant pas sa carrière professionnelle sur les chapeaux de roues… bien au contraire. De nombreuses désillusions professionnelles dans le monde de la presse ou de la banque continueront d’ailleurs à essaimer le parcours de celui qui devint pourtant par la suite l’un de nos plus grands économistes.

Fidèle à un parcours intellectuel riche, empreint des théories de son propre père - Auguste Walras -, de lectures variées sur les problématiques sociales et philosophiques de son temps, mais aussi convaincu de l’usage nécessaire des mathématiques dans les sciences sociales, Léon Walras se construit peu à peu une pensée complexe capable d’aborder de nombreuses problématiques.

Prônant une approche multiple, faite d’économie sociale et appliquée[1], mais aussi d’économie pure[2] où il puise les fondements même de sa théorie de l’équilibre général, visant à modéliser un système de prix réalisant l’équilibre entre offre et demande. Seul pré-requis à cette théorie, l’existence d’une concurrence pure, permettant aux agents économiques d’ajuster leurs productions et consommations en fonction d’un principe d’utilité marginal[3]. Dans une autre perspective que celle de ses prédécesseurs, Léon Walras n’envisage pas sa théorie de l’équilibre général sur un marché cloisonné des autres, mais sur plusieurs marchés simultanément, convaincu que les arbitrages des agents économiques se font de manière transversale. Comparé à un « Commissaire-priseur », le marché est alors un lieu d’attribution où la transparence et la concurrence sont les conditions sine qua non d’une rencontre parfaitement libre de l’offre et de la demande.

Economiste fondamental, connu pour sa théorie de l’équilibre général, Léon Walras se fera également remarqué par des intuitions reprises des années plus tard par d’autres économistes, notamment au sujet des anticipations des consommateurs face à la fluctuation de la circulation monétaire (Théorie de la Monnaie – 1886), de la nécessaire collectivisation des richesses naturelles[4] ou de la nationalisation de services d’intérêts généraux à l’instar des chemins de fer.

Détenteur de la chaire d’économie de l’Université de Lausanne de 1870 à 1892[5], Léon Walras aura dû s’exiler en Suisse pour faire connaître la véritable qualité de ses travaux, victime en France d’un ostracisme intellectuel et académique caractérisé. C’est d’ailleurs de l’étranger que les premières reconnaissances viendront. Repris par Alfred Marshall à la fin du XIXème, Debreu, Hicks et Arrow dans la deuxième moitié du XXème siècle, Joseph Schumpeter verra même en lui « le plus grand de tous les économistes » avant que son apport à la science économique moderne ne devienne définitivement indiscutable.

 

A lire aussi :


  

[1] Recherche de l’idéal social (1868), Etudes d’Economie sociale (1896) et d’Economie appliquée (1898)
[2] Eléments d’Economie Politique Pure (1877)
[3] Sur ce point, Léon Walras s’appuie sur la théorie de la valeur-utilité de William Stanley Jevons, autre précurseur de l’Ecole néo-classique, selon laquelle l’acquisition d’une unité supplémentaire dépend de l’arbitrage du consommateur entre la dépense qu’il doit effectuer pour obtenir un bien et la satisfaction qu’il pense en tirer.
[4] Mais pas des produits de leurs rentes qui peuvent revenir à une personne privée dans le cadre d’un contrat d’exploitation signé avec l’Etat.
[5] Le célèbre Vilfredo Pareto, élève de Walras, prendra la suite de l’économiste français à la chaire d’économie de Lausanne.