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14 septembre 1960 : Création de l’OPEP

La Conférence de Bagdad du 14 septembre 1960 est l’occasion pour l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Venezuela de mettre en place une organisation permettant à ses membres une meilleure représentation sur le marché des échanges pétroliers : l’Organisation des Pays Producteurs de Pétrole (OPEP).

Jusqu’alors, les grandes compagnies pétrolières, les « Majors » des pays occidentaux comme Exxon, Shell ou BP contrôlaient l’essentiel du commerce mondial de pétrole et ne reversaient qu’une faible partie de leurs revenus aux pays producteurs de pétrole. Pour imposer le pétrole face au charbon, les compagnies ont également maintenu le cours de l’or noir à des niveaux historiquement bas pendant plusieurs années et développé un immense marché dont les pays producteurs réclament alors une plus grande part du gâteau.

14 septembre 1960 opep kazeco2Les années 1950 seront celles du nationalisme arabe, de la tentative de nationalisation du pétrole iranien dirigée par le Dr. Mossadegh – mise à mal par le Coup d’Etat de 1953 -, de celle du Canal de Suez par Nasser en 1956. Au Venezuela, le ministre des Mines et des Hydrocarbures, Juan Pablo Alfonso[1], annonce alors dès 1958 son projet de création d’une organisation internationale qui aura pour objectif de redonner aux pays producteurs le contrôle de leur production. Dans le cadre d’un vaste mouvement de nationalisations, les premiers membres de l’OPEP, très vites suivis par d’autres (Qatar, 1961 ; Indonésie, 1962 ; Libye, 1962 ; Algérie, 1969 ; Emirats Arabes Unis et Nigeria, 1971…) reprennent le contrôle de leurs ressources pétrolières et jouent la politique des quotas de production face à des Majors qui appliquaient jusqu’alors celle des prix bas. L’OPEP permet à ses membres de peser plus lourdement sur l’offre mondiale de pétrole, d’engranger des bénéfices records, mais aussi d’user du pétrole comme un moyen de pression politique non négligeable, comme lors de la guerre israélo-arabe de 1973.

14 septembre 1960 opep kazeco1Siégeant à Vienne, l’organisation réunit aujourd’hui 12 pays. Même si son influence décline tant sur le plan politique, qu’économique (55% de la production mondiale de pétrole en 1970 ; 42,1% en 2014), elle reste néanmoins l’un des grands acteurs de la question énergétique en détenant trois-quarts des réserves mondiales de pétrole, et le pouvoir de prendre des décisions qui influent sensiblement sur le niveau de la croissance mondiale.

 

[1] Dans l’esprit du ministre vénézuélien, les revenus pétroliers des pays producteurs devaient également contribuer à aider les pays sous-développés.