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14 août 1926 : René Goscinny, génie dans sa bulle

Né le 14 août 1926 à Paris, le jeune René Goscinny n’y reviendra que bien plus tard. Fils d‘une mère juive ukrainienne ayant fui les pogroms et d’un père juif polonais émigré à Paris, René Goscinny connaîtra lui aussi le destin d’un migrant. Sa famille s’installe en Argentine dès 1928 pour suivre l’opportunité de carrière d’un père chimiste, qui décèdera en 1943, alors que le jeune René n’a pas encore dix-huit ans. Aide comptable dans une usine de pneumatiques, il quitte rapidement son travail pour devenir illustrateur dans une agence de publicité et exploiter sa passion pour le dessin. Reparti en France pour intégrer l’armée française à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il devient le dessinateur officiel de son bataillon et commence à croquer avec humour et sagacité les membres de son régiment.

 

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 René Goscinny et Morris
 
 

Dès 1946, René Goscinny revient cependant aux Etats-Unis pour y trouver l’inspiration. Il y rencontre les fondateurs de la revue Mad, mais aussi le belge Jigé, Morris, disciple de ce dernier et auteur de l’incontournable série des Lucky Luke ou encore Georges Troisfontaines, qui lui ouvrira les portes du bureau parisien de la World Press Agency l’agence à partir de 1951. Une dernière rencontre décisive se fait alors, celle avec Albert Uderzo. Les deux compères quittent finalement l’agence suite à des désaccords sur la propriété des droits d’auteur des dessinateurs, créent leur propre syndicat et collaborent dans de nombreuses publications (Jehan Pistolet dans Pistolin, Benjamin et Benjamine…). Plus sûr de son talent de scénariste que de celui de dessinateur, Goscinny écrit également le Petit Nicolas pour Jacques Sempré, mais également pour plus d’une dizaine d’auteurs du journal de Tintin.

 

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 L'inséparable duo Goscinny / Uderzo

 

14 août 1926 goscinny kazeco7Mais c’est à partir du journal Pilote et toujours en compagnie d’Uderzo, que René Goscinny scénarise l’inoubliable saga d’irréductibles gaulois résistant encore et toujours à l’envahisseur. Publié le 29 octobre 1959, Astérix le Gaulois ne sera que le premier épisode d’une des séries les plus connues et les plus florissantes de la bande dessinée européenne. De 1959 à 1977, René Goscinny et Albert Uderzo font vivre leurs héros au rythme de l’actualité et de la vie sociale française. Le Tour de Gaule (1965) salue les particularismes régionaux, le Combat des chefs (1966) fait le parallèle avec la campagne présidentielle de 1965, Astérix au Jeux Olympiques est publié en 1968 au moment des Jeux de Mexico, la Grande Traversée de 1977 raille le libéralisme à outrance d’un jeune technocrate romain tentant d’introduire la loi de l’offre et de la demande dans un village gaulois… Astérix se fait l’écho d’une société française qui lui rend bien. 300 millions d’albums traduits dans 107 langues et dialectes (record historique du nombre de traduction pour ce type d’œuvre) seront vendus en France et à l’étranger.


Après 24 albums co-signés avec Uderzo et même si la série a finalement connu 11 autres opus grâce à la collaboration d’autres scénaristes, en disparaissant le 5 novembre 1977, René Goscinny laisse orphelins des millions de fans adeptes de ses jeux de mots, de ses grilles de lecture multiples et d’un sens de l’humour bon enfant qui amusa avec bienveillance plusieurs générations de lecteurs.