FlashbackEco

12 janvier 1876 : Jack London, l'appel de l'aventure

Si l’on a coutume de dire que tous les récits sont d’une certaine manière autobiographiques et réfléchissent les expériences de vie de leurs auteurs, ceux de Jack London (1876 – 1907) en sont sans aucun doute une parfaite illustration.

Né d’une union illégitime et dans un foyer pauvre qu’il quitte dès l’âge de quinze ans, Jack London enchaînera les petits boulots (balayeur, menuisier, pilleur d’huîtres dans la baie de San Fransisco, puis patrouilleur pour y faire respecter l’ordre…) et les expériences de vie qui nourriront son œuvre d’écrivain.

12 janvier london1Embarqué sur le Sophia Sutherland pour chasser le phoque, d’où il tirera son premier récit Typhon au large du Japon (1893), membre de l’armée industrielle des 100 000 chômeurs du General Kelly partie de San Fransisco pour contester la politique de Washington (1894), d’où il tirera son engagement à l’égard des idées socialistes et progressistes de l’époque (Peuple de l’abîme, 1903; Le Talon de Fer, 1908), Jack London n’aura de cesse que d’incarner au travers de son écriture les étapes de sa propre vie et celle d’une société en pleine transformation.

12 janvier london3Parti dans la région hostile du Klondike en 1897, en pleine ruée vers l’or, Jack London y prendra encore le temps d’assouvir son irrésistible besoin d’espace et de voyages. Passionné par les histoires des trappeurs, les récits des communautés indiennes et ceux des chercheurs d’or, il en ramènera une fois de plus les matériaux des romans qui établiront très largement son succès aux Etats-Unis, mais aussi à l’étranger (L’appel de la forêt, 1903 ; Croc Blanc, 1904). Voyageur infatigable, il continuera encore de faire suivre la trame de sa vie par celle de ses écrits en devenant correspondant de guerre en Corée (1904-1905) puis, cèdera une fois de plus à son amour de la mer en se lançant dans un voyage au tour du monde qui s’arrêtera finalement sur les côtes australiennes (1907).

 

12 janvier london4Jack London en prospection dans le Klondike

 

 

12 janvier london2Victime d’urémie depuis son dernier périple, Jack London, revenu en Californie, aura encore cependant la force d’écrire l’intrigue d’une vie qui ressemble une fois de plus à la sienne, et dont le héros se suicide après un voyage dans les mers du Sud (Martin Eden, 1909). Emblématique de l’auteur, l’œuvre fut peut-être même prophétique. Décédé le 22 novembre 1916, à Glen Eden, dans sa Californie natale, des suites d’une infection du sang causée par son urémie, Jack London et sa mort resteront en effet au centre d’un mystère ; celui d’un homme qui voulut à tout prix vivre toutes les expériences d’un homme libre, le plus intensément et le plus vite possible.

Je ne perdrais pas mes jours à essayer de prolonger ma vie, je veux brûler tout mon temps.

Ecrivain prolixe, auteur de plus d’une cinquantaine de romans, Jack London fit de sa vie un roman et de son œuvre un éloge à la liberté, encore salué aujourd’hui par des millions de lecteurs de par le monde.

 

A lire aussi :