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12 décembre 1821 : Naissance de Gustave Flaubert

12 décembre 1821 naissance de flaubert1Né le 12 décembre 1821 à Rouen et décédé le 8 mai 1880 à Canteleu (Seine-Maritime), Gustave Flaubert est aujourd’hui connu comme l’un des plus grands écrivains français du XIXème siècle et le père d’un style et d’une technique qui influenceront fortement la littérature française.

Annonciatrice des grandes thématiques de l’auteur, l’œuvre de jeunesse de Flaubert exprimait déjà le sensualisme, la relation passionnelle, voire obsessionnelle à l’égard d’une femme inaccessible (Mémoires d’un fou, 1838) - reflet de la rencontre qu’il fît à l’âge de quinze ans d’Elisa Schlesinger, alors mariée, et de onze ans son aînée - ou encore l’intérêt marqué pour le mysticisme religieux (Smarh, 1839) qui donnera plus tard naissance à la Tentation de Saint Antoine (1864).

Parti à Paris pour entamer des études de droit qu’il abandonnera finalement au début de l’année 1844, Gustave Flaubert ne prendra finalement la dimension de ses écrits passés et de sa carrière littéraire à venir qu’après la mort de son père et de sa jeune sœur en 1846, et un héritage paternel de 500 000 francs, qui permettra à l’auteur de se consacrer pleinement à la littérature.

12 décembre 1821 naissance de flaubert2Ecrivain revenant inlassablement sur les boucles du temps et celles de sa propre vie, Flaubert revient tout autant sur ses propres textes qu’il réécrit pendant plusieurs mois, voire pendant plusieurs années, donnant ainsi à son écriture une profondeur toute réaliste, loin du romantisme de jeunesse. Quatre années de travail et vingt-six années de réflexions et de manuscrits auront ainsi été respectivement nécessaires à l’élaboration de Madame Bovary (1857) et de L’Education Sentimentale (1869), chefs d’œuvre de l’artiste, aujourd’hui consacrés au panthéon de la littérature française. En explorant, tantôt les pleins et déliés d’une vie de femme mariée à un homme ennuyeux, se livrant à des aventures passionnelles sans lendemain, ne la menant qu’à d’autres tourments (Madame Bovary)[1], tantôt la passion quasi-autobiographique d’un jeune homme amoureux d’une femme mariée et inaccessible, en proie aux désillusions de la Révolution de 1848 (L’Education Sentimentale), Flaubert se fait l’écrivain de vies oscillants tragiquement entre monotonie et courtes euphories, passions étouffées et conventions sociales, imagination et réalité.

 

Quelquefois vos paroles me reviennent comme un écho lointain, comme le son d'une cloche apporté par le vent. - J'avais toujours au fond de moi-même la musique de votre voix et la splendeur de vos yeux.  L'Education Sentimentale

 

Travailleur acharné n’hésitant pas à faire passer ses textes au « gueuloir », autrement dit à la récitation à voix haute, afin de mieux en apprécier les rythmes et les sonorités, Flaubert innove dans son approche de l’écriture, s’accordant au passage quelques largesses vis-à-vis de la syntaxe et de certaines règles de grammaires face auxquelles seuls certains puristes obtus s’insurgeront, à défaut de saluer une des œuvres les plus riches et créatives de son temps. Maître de la « focalisation », les récits de Flaubert alternent les points de vue, les croisent, donnant ainsi à voir ce que pensent les personnages les uns des autres, et dressent au passage le portrait d’une société où le cynisme et l’hypocrisie sociale ne sont pas exclus.

Ecrivain aux influences riches, Flaubert sera également celui de carnets de voyages, d’un roman historique comme Salammbô (1862), reprenant les motifs de la passion amoureuse dans un Carthage antique imaginé par l’auteur à la suite d’un voyage à Tunis, ou encore de Trois Contes (1877), recueil de nouvelles, empreint tout à la fois de réalisme (Un cœur simple), de mysticisme chrétien et de fantastique (La légende de Saint Julien l’Hospitalier) et d’influences antiques (Herodias).

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Gaston Brussière, Salammbô, 1907
 

Ecrivain du temps long, de la répétition et des structures en boucle, Flaubert touche à des thèmes universels qui expliqueront son succès populaire, la reconnaissance de ses pairs, comme Victor Hugo, Georges Sand, Théophile Gautier, Emile Zola ou encore l’admiration indéfectible de ses disciples, à l’instar de celle que lui portera toujours un illustre élève du nom de Guy de Maupassant.

 

David Dayan

david@kazeco.com 

 

[1] Gustave Flaubert se retrouvera d’ailleurs convoqué devant la 6ème chambre correctionnelle de Paris pour atteinte aux bonnes mœurs, après la publication de Madame Bovary faisant le récit d’une relation adultère.