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10 janvier 1920 : Promulgation du Traité de Versailles

10 janvier 1920 traité de versailles1Elaboré au cours de la conférence de Paris (1919-1920) et signé le 28 juin 1919, le Traité de Versailles est finalement promulgué le 10 janvier 1920. Réunissant les 27 pays officiellement vainqueurs du conflit, il sera surtout le fruit d’une entente quadripartite entre la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’Italie, mais également une pomme de discorde portant en elle les germes d’un nouveau conflit mondial.
 
Reconnue seule responsable du déclenchement de la guerre par le Président français Georges Clemenceau - et ce malgré l’opposition du Président américain Woodrow Wilson désireux de prévenir l’éclosion d’un sentiment de revanche au sein de la nation allemande- l’Allemagne subira en effet le poids de conditions excessivement dures qui entameront durablement sa stabilité politique et économique pendant la décennie à venir. Amputée de 10% de ses territoires d’avant-guerre, autrefois pris par la force et désormais rétrocédés à la France (Alsace-Lorraine), à la Belgique (Eupen et Malmedy), au Danemark ou à une Pologne en voie de renaissance, l’Allemagne se voit interdite d’artillerie lourde, de cuirassés et d’avions, limitée à une armée de métier de 100 000 hommes et obligée de démilitariser la région stratégique de la Ruhr. Responsable, l’Allemagne le sera également au vue des réparations dont elle devra s’acquitter à l’égard des vainqueurs. Evaluée à 269 milliards de Mark-or, l’indemnisation financière exigée ira bien au-delà des 70 à 80 milliards préconisés par l’économiste britannique John Maynard Keynes et - même si elle ne sera jamais complètement payée - sera en partie responsable de l’instabilité économique, financière et politique que connaîtra l’Allemagne de l’entre-deux guerres.
10 janvier 1920 traité de versailles
Véritable Diktat pour l’Allemagne, les conditions du Traité de Versailles susciteront l’humiliation, l’indignation et l’esprit de revanche d’une nation allemande qui devra à elle seule porter la responsabilité d’une guerre dont les éléments déclencheurs furent pourtant multiples.
Sous la perspective de ses autres objectifs, instituant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ou l’instauration d’une Société Des Nations apte au règlement des conflits internationaux, les dispositions du Traité de Versailles seront également cruellement dévoyées au cours des deux décennies qui suivront.
L’invasion de l’Ethiopie par l’Italie fasciste de Mussolini (1935), la remilitarisation de la Ruhr (1936), l’annexion de l’Autriche, des Sudètes, puis de la totalité de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne nazie (1938) au nom justement du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, seront en effet parmi les coups de semonce qui abattront définitivement l’esprit du Traité de Versailles et qui annonceront les prémices du second conflit mondial.